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Géopolitique et développement durable

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BLACK MORTIMER METEORES

À la veille de la COP21, qui se tient sur le site de Paris-Le Bourget, cette célébration du 6 novembre est une belle occasion d’évoquer ce dont COP 21 ne parlera justement pas : l’impact des forces armées sur le changement climatique, en temps de paix comme en temps de guerre.

L’objectif de cet article n’est pas de démontrer pourquoi la militarisation galopante de notre planète est une cause majeure de la détérioration de nos écosystèmes. Ni de rappeler cette évidence que la guerre exerce une action intrinsèquement destructrice sur l’environnement. Pas plus que de nous interroger sur les raisons de la non-prise en compte de l’empreinte écologique des activités militaires (sur le sujet, une lecture s’impose, celle de Ben Cramer ‘ Guerre et paix … et écologie ’ préfacé par Alain Joxe, éditions Yves Michel, 2014).

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MAMERE FARBIAZLa capacité à nouer les références (de Stiglitz au GIEC, aux théoriciens de la décroissance ou même Rifkin) est remarquable. Le constat, s’il n’est pas nouveau (Foessel le notait déjà), n’en paraît que plus étayé et clair. Il débouche sur le constat d’une fragmentation des peuples, de la mise en place d’un apartheid plus ou moins généralisé entre les 1% qui tiennent le système et les 99% qui sont dominés. Ce système moderne, capitaliste, libéral, individualiste et financier met sous contrôle les individus comme les groupes.
Vient ensuite un second constat, celui des formes innovantes de résistance et création d’un nouveau monde : des hacktivistes au financement solidaire et au microcrédit, le pessimisme laisse donc place à une lueur… Vient alors le souhait de faire coaguler l’ensemble et de former une sorte de révolution mondiale nouvelle qui verrait la plèbe se constituer au niveau mondial pour imposer de nouvelles règles, totalement opposées à celles qui nous régissent aujourd’hui : adviendrait une République universelle des Biens communs via des Etats généraux de la Terre.

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stop climate engineering billboardQue le lecteur ne se passionne guère pour la présentation débile des bulletins météo, même en été, à l'approche d'une canicule, ça se défend. Mais injecter des produits chimiques ou de l'eau pure dans les nuages, diminuer la grosseur des grêlons ou augmenter la quantité de précipitations est une pratique courante, tel le bricolage du dimanche. Aux Emirats Arabes Unis, à défaut d'importer des nuages, on a acheté les prouesses d'ingénieurs suisses de la société Meteo Systems International, ceux qui ont sorti le Weathertec, un gadget miracle capable de déclencher des pluies. Les Californiens pratiquent l'ensemencement tout comme les Brésiliens tandis qu'en Afrique du Sud, on innove depuis 1999 avec le recours à des sels hygroscopiques...
Outre l'intérêt de contrer la sécheresse, et la désertification, ce bidouillage apparemment inoffensif (mais pas écolo) a des motivations plus futiles. A Beijing, les météorologues ont vanté des technologies avancées ou agents catalytiques pour que le ciel soit dégagé lors la cérémonie d'ouverture des J.O. Cela fait sourire sauf que ... l'Agence météo chinoise qui a vu le jour officiellement en l'an 2000, a de quoi faire fantasmer Météo France. Elle emploie 37.000 personnes, dont 10.000 chargées d'ensemencer les nuages en tirant des fusées ou des obus remplis d'iodure d'argent.

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TERRE BANDAGELa première conférence des Parties chargée de l’examen de la Convention ENMOD s’est tenue en septembre 1984 à Genève. Ceci correspond à un exercice prévu. En effet, conformément aux articles, le dépositaire convoquera 5 ans après l’entrée en vigueur de la Convention, une conférence des Etats parties à la Convention pour examiner le fonctionnement de celle-ci, en vue de s’assurer que ses objectifs et ses dispositions sont en voie de réalisation. La Conférence examinera (alors) en particulier l’efficacité des dispositions du paragraphe 1 de l’article 1 pour éliminer les dangers d’une utilisation des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toute autres fins hostiles. 
Par la suite, des conférences ayant les mêmes objectifs pourront être convoquées à des intervalles non inférieurs à 5 ans. La deuxième conférence s’est tenue en septembre 1992 à Genève. – Les participants n'ont pas jugé opportun de modifier la Convention de 1978, mais ils ont recommandé que soient incorporées dans les manuels militaires des instructions relatives au droit international applicable à l'environnement en période de conflit armé.

Les explications françaises

A la suite d’une question d’un député, qui n’est pas sans lien avec l’absence manifeste de la France à l’élaboration de la Convention et à son refus d’y prendre sa place, le ministre de l’environnement Michel Barnier a répondu en évoquant le terrorisme écologique : ‘A la suite de la question de l'honorable parlementaire, des recherches ont été effectuées afin de vérifier si un projet de révision d'une convention de Genève ou de son protocole, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, était en cours, afin d'envisager une extension pour préserver la planète du terrorisme écologique. Il s'avère qu'aucune révision n'est étudiée actuellement, même si l'actualité de ces dernières années plaide en faveur d'une telle réflexion ( ?). Cependant, à la suite de la guerre du Golfe et de la résolution adoptée lors de la 46e Assemblée générale des Nations unies, une conférence d'examen de la convention ENMOD, s'est tenue à Genève, en septembre 1992, à laquelle la France réfléchit à la possibilité d'adhérer’ (réponse publiée dans le J.O. Sénat du 17/03/1994).

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MOUTONSLe monde devrait se féliciter de certains hasards du calendrier. Le dernier en date fut le happening en faveur du climat le 21 septembre 2014. Cette date n’est pas anodine : c’était  la journée internationale de la paix célébrée comme il se doit depuis 2001, conformément à une résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Grâce à un sommet à New York auxquels avaient été conviés les dirigeants du monde par Ban Ki Moon, la « marche‘pour le climat » était une occasion idéale, inespérée, d’additionner et combiner les consciences des écologistes et des pacifistes. Puisque les perturbations climatiques représentent un arme au service des forces armées ; puisque le dérèglement climatique auquel nous assistons est facteur de guerres et que ces conflits en gestation vont hypothéquer tout avenir durable auquel nous aspirons…, il y avait vraiment de quoi louer cette synchronisation : faire coïncider les enjeux du climat et ceux de la paix !

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