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Géopolitique et développement durable

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atwfcDonald Trump vient d’annoncer l’augmentation des dépenses militaires, actuellement de 600 milliards de dollars, de 9%, soit 54 milliards de dollars supplémentaires.
On ne voit pas l’utilité de l’augmentation annoncée par le président actuel, Donald Trump, si elle n’est pas assortie d’une stratégie claire. De plus, elle a lieu parallèlement à une coupe de 37% des crédits destinés aux départements d’État. Les programmes d’aides dans le domaine civil vont être sabrés, alors qu’ils peuvent jouer un rôle important pour la sécurité sur le moyen et long-terme. Trump donne ainsi raison au complexe militaro-industriel, qui est certainement le lobby le plus puissant aux États-Unis : l’industrie de défense et les casernes de l’armées sont réparties sur la totalité du territoire américain. Personne ne veut s’y opposer - Démocrates comme Républicains – au nom de la sécurité du pays. Mais il n’est pas certain que l’augmentation sans fin des dépenses militaires américaines ait une réelle incidence sur la sécurité. Le budget militaire américain était de 280 milliards de dollars en 2001 lorsque les États-Unis ont été frappés par les attentats du 11 septembre.
Même Barack Obama ne s’est pas opposé au complexe militaro-industriel, afin de ne pas être accusé de faiblesse. Malgré son désir d’appuyer sur le bouton reset dans les relations avec la Russie, il n’a pas remis en cause le principal programme qui envenime les relations Moscou/Washington : celui du système de défense anti-missile, qu’Obama avait pourtant qualifié de système basé sur des technologies non prouvées, avec un financement inexistant pour une menace inconnue .
Aujourd’hui, on assiste au niveau mondial à une nouvelle course aux armements, en dehors de toute rationalité. Le niveau des dépenses militaires est supérieur à ce qu’il était du temps de la guerre froide. Or, en 1990, lors du démantèlement du monde bipolaire et de l’implosion de l’URSS, on annonçait pouvoir enfin toucher les dividendes de la paix. Ils n’ont en fait été touchés que très provisoirement et les dépenses sont reparties de plus belle. La menace du désarmement, comme le disait un jour un général, a été durablement écartée.
La course aux armements a également lieu en Asie qui connait une augmentation continue des dépenses militaires chinoises, suscitant par réaction une hausse de celles du Japon et des autres pays régionaux. Pendant très longtemps, le Japon a limité ses dépenses militaires à 1 % du PIB, limitation aujourd’hui remise en cause.
Les rentrées d’argent dues à l’augmentation des ressources pétrolières ont notamment permis d’augmenter les dépenses militaires des pays du Golfe. L’Arabie saoudite a un budget militaire de 80 milliards de dollars, soit 20 milliards de plus que la Russie, qui bénéficie pourtant d’une place stratégique plus importante. L’Iran va certainement également accroître ses propres dépenses.
AIGLE US ALLIES OTANDonald Trump avait déclaré que l’OTAN était obsolète et avait menacé du retrait américain de l’organisation. Il n’en est finalement rien mais, de peur que les États-Unis s’en aillent, les pays européens risquent d’augmenter leurs dépenses militaires à hauteur de 2 % du PIB, comme réclamé par Washington. Les Américains insistent en effet sur le burden sharing, le partage du fardeau des dépenses militaires. Par contre, ils restent muets sur le power sharing, alors que l’OTAN reste avant tout entre leurs mains.
Conscients qu’une course incontrôlée aux armements pouvait entraîner les grandes puissances dans un gouffre financier et que son caractère imprévisible créait un climat de méfiance internationale, Nixon et Brejnev avait mis en place un système d’Arms Control. Durant la guerre froide, ce dernier avait contenu l’augmentation infinie des dépenses militaires. La course aux armements constituait un cercle vicieux où chacun augmentait ses propres dépenses, de peur que l’autre ne le fasse également. Finalement, ce phénomène stimulait les uns et les autres mais amenait de l’insécurité, de par l’imprévisibilité qu’il provoque. Or, la stabilité nécessite de la prévisibilité. Mais le système d’Arms Control n’est plus.
Si du temps de la guerre froide, il suffisait que Moscou ou Washington s’entendent pour limiter leurs dépenses, dans un monde émietté, il n’y a ni centre de pouvoir ni organe collectif de sécurité : chacun se lance dans une course, justifiant l’augmentation de ses propres dépenses par l’augmentation des autres pays, qui eux-mêmes y participent. Malheureusement, on peut penser que cette course lancée ne sera pas rapidement stoppée et que les besoins civils importants, y compris en termes de sécurité, ne seront pas couverts. L’aspect militaire est bien sûr important mais la sécurité ne dépend pas que des facteurs militaires. Or, sous des prétextes divers et fallacieux, les pays donnent désormais la priorité à l’aspect militaire de la sécurité, ce qui va se traduire dans les faits par une plus grande insécurité. 
Pascal Boniface,
23 mars 2017
Avec l’aimable autorisation de l’auteur

 

 

donald shoots foot 720 150x150"Les pays peuvent, ainsi que l’histoire l’a déjà démontré, être détruits de multiples façons. L’une d’elles consiste à se lancer désespérément dans une course aux armements" (déclaration de Peter Naray, ambassadeur de Hongrie auprès de la Conférence du Désarmement, Genève, le 7 septembre 1999).
S’il est de bon ton de se lamenter sur l’épuisement des matières premières, l’épuisement des États de plus en plus en faillite, l’épuisement de l’empire (cf. Paul Kennedy, Naissance et Déclin des grandes puissances – Payot, Paris, 1989), l’épuisement de la puissance tout court (cf. Bertrand Badie), le complexe militaro-industriel ne semble pas du tout frappé par ce genre de symptôme.
DRAPEAU USA democracyIl n’en faut pas tellement pour embraser la planète, mais les faits sont là : les dépenses militaires mondiales sont aujourd’hui plus élevées qu’elles ne l’ont jamais été depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avec plus de mille milliards de dollars, et sans ennemi attitré, on dépense, vous et moi, deux fois plus d’euros, de dollars ou de yuan que du temps de la guerre froide. Pour faire simple, 1.000 milliards, cela représente une colonne de 110 kilomètres de billets de 1 000 dollars empilés les uns sur les autres sur une distance qui va de Vienne à Bratislava. Les dépenses cumulées consacrées à leurs arsenaux par les neuf puissances nucléaires (déclarées comme telles) équivalent grosso modo à 100 milliards (de dollars). Ces chiffres ne vous disent rien ? Pour compter jusqu’à 100 milliards, cela prendrait au lecteur, à raison d’une seconde par chiffre, beaucoup de temps : 31 000 ans, soit 317 siècles ou s’il préfère, 1 500 générations. Si l’on inversait le décompte, le lecteur pourrait remonter à l’époque des mammouths qui peuplaient l’hémisphère Nord, une époque précédant une nouvelle ère glaciaire.
Les États-Unis, dont les dépenses représentent au bas mot 40 % des dépenses mondiales,DRAPEAU US débloquent chaque année, aux frais du contribuable, la même somme que celle investie en pleine Guerre mondiale pour anéantir et pulvériser Hiroshima et Nagasaki. En effet, 28 et 30 milliards de dollars sont consacrés au maintien en état opérationnel de 3 500 têtes nucléaires. Il leur faudrait d’ailleurs débloquer le double si Washington se décidait à nous débarrasser des 40 tonnes excédentaires de plutonium (Pu).
Que les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens militaires, cela ne semble pas perturber outre mesure la dérive du monde. Dans les années 1960, M. Luther King avait prédit que les bombes de la guerre du Vietnam engendreraient sur le sol yankee des bombes bien à nous : l’inflation et la pauvreté. Un demi-siècle plus tard, la leçon n’a pas été retenue. L’organisation ‘Food Not Bombs’, un collectif né en 1980 dans la région de Boston lors des mobilisations anti-nucléaires (militaires), distribue des repas pour les démunis. Parmi ceux qui viennent grossir les rangs des SDF figurent (pour un quart d’entre eux ) les vétérans et anciens combattants, ceux qui ont été abîmés, esquintés et meurtris en Irak et en Afghanistan.

Eisenhower, à la fin de son mandat, avait fait observer que ‘chaque canon fabriqué, chaquePENTAGONE navire de guerre mis à flot, chaque fusée lancée représente, en dernière analyse, un vol commis au préjudice de ceux qui ont faim et ne sont pas nourris, de ceux qui ont froid et ne sont pas vêtus’. (Every gun that is made, every warship launched, every rocket fired, signifies in the final sense a theft from those who hunger and are not fed, those who are cold and are not clothed’. Il ignorait alors que le total des victimes de 70 ans d’âge nucléaire est 4 fois plus élevé que les pertes américaines dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak ; sans compter les 53.000 travailleurs du nucléaire qui ont été indemnisés pour cancers et autres maladies...

La course et l’effet boomerang

IWANT YOURECRUTEMENTComment en est-on arrivé là ? La course s’est faite au nom d’une certaine rationalité économique. La bombe constituait le meilleur retour mortel sur investissement, tel était en tout cas le credo de l’époque si l’on se réfère à la formule surréaliste ‘More Bang for the Buck’, prononcée par le secrétaire à la Défense Charles E. Wilson en 1954. Toutefois, le dopage au nucléaire permet de douter de la rationalité et du sérieux des profiteurs de cette fuite en avant. Le comble a été atteint avec le projet de produire en série des aéronefs civils à propulsion nucléaire, inspiré par l’AEC, (l’équivalent américain du CEA) et la U.S. Air Force. Il s’est étalé sur une quinzaine d’années, de 1946 à 1961. Finalement, après avoir dépensé 7 milliards de dollars, les ingénieurs ont dû se rendre à l’évidence que ces engins ne constituaient pas le moyen le plus adéquat pour assurer le transport des voyageurs, et que les aéroports, en raison du flux de passagers, n’étaient pas des sites de prédilection pour entreposer des déchets.
Ce vertige pro-nucléaire ne doit pas nous faire oublier que les dépenses consacrées à l’armement conventionnel étaient et sont encore deux fois et demi plus importantes que celles investies dans les dispositifs et l’infrastructure nucléaires (ref : Cf. Schwartz, Atomic Audit: The Costs and Consequences of U.S. Nuclear Weapons since 1940, Brooking Institution). Pour s’approprier une part du gâteau de la manne sécuritaire, tous les coups sont permis pour épuiser les ressorts économiques des adversaires. Dans le cas des États-Unis, l’amiral Eugene Caroll, du Centre for Defense Information, à Washington, résume l’enjeu du concours éliminatoire : "Au cours des 45 ans de guerre froide, la course fut menée dans le cadre d’une concurrence effrénée avec l’Union soviétique. Maintenant, explique-t-il, nous menons une course contre nous-mêmes". Cette façon de jongler avec l’absurde n’est pas une exclusivité américaine. Saura-t-on un jour rameuter les consciences y compris écologiques sur un 'peak' de destruction militaire, comme on a tenté de le faire avec plus ou moins de succès à propos du peak oil ?

Dans ce tourbillon des chiffres

Avec des ventes d’armes qui s’élèvent à 10.500 euros par seconde, tentons de cerner les principales raisons de cette envolée.

1) Chaque peuple a sa conception de la sécurité, sa conception propre. Certains États s’arrogent des responsabilités mondiales, d’autres s’en passent volontiers. On peut arguer du fait, réaliste s’il en est, que tous les États ne sont pas exposés aux mêmes menaces, histoire et géographie obligent. Ainsi, qu’on le veuille au non, l’Iran n’est pas exposé aux mêmes menaces que le Liechtenstein, menaces militaires comprises. Même si les aspirations à la sécurité sont plus ou moins équivalentes pour un Éthiopien et pour un Chinois, il va de soi que les moyens mis en œuvre pour assurer une défense militaire chez les uns et chez les autres ne peuvent pas s’appliquer arbitrairement avec des schémas analogues. Bien sûr, on pourrait théoriquement appliquer à tout le monde (au nom de quelle autorité et avec quel moyen ?) des règles d’interdiction. Mais le réalisme aidant, on s’aperçoit que le désarmement se traduit trop vite, et pas uniquement le désarmement nucléaire, par un programme de désarmement aux dépens des plus vulnérables.
Les poids lourds de la scène internationale qui brandissent leurs mégatonnes comme signe extérieur de richesse éprouvent le regrettable besoin de désigner à leur peuple un ennemi qui soit suffisamment terrifiant pour justifier la mise au point d’armes encore plus terrifiantes.


2) La multiplication des conflits armés, ici et là, ne constitue pas un casse-tête, mais plutôt un débouché qui nécessite moins de marketing que pour écouler des produits surgelés chez les Saami ou les Inuit. Les coûts et blessures de la guerre contre l’Irak prouvent, s’il en était besoin, que pour se débarrasser d’Armes de Destruction Massive (ADM) qui n’existaient pas, les forces de la coalition ont opté pour la solution la plus chère et la moins efficace. 

 

CDgeneva3) L’ONU n’a pas les moyens de son ambition. Le budget total de toutes les organisations et agences en charge du désarmement, de la non-prolifération, de la prévention des conflits pour une seule année équivaut à quelques heures de dépenses militaires dans le monde. Pour enfumer le public dérouté par ce décalage et pour donner quelque crédit à des ONG comme le Bureau International de la Paix (BIP) à Genève, l’ONU a décidé dès 2011 d’officialiser le 17 avril en tant que journée d’action contre les dépenses militaires

4) Les priorités retenues accordées par nos dirigeants pour investir dans la sécurité ne sont pas évidentes pour tous. Au Canada, des pancartes ont été brandies avec la formule : ‘Nous avons besoin de H2O et pas de F35’ (en référence à l’avion de chasse du groupe Martin Lockheed). Les Européens, ou plutôt les 27 États de l’UE parmi les 47 du continent (Conseil de l’Europe) s’arrachent les cheveux à l’idée d’être si peu soldatesques alors qu’ils brassent la moitié (ou presque) de ce que dépense l’Oncle Sam. Les 194 milliards d’euros dépensés en 2010 pour la cuirasse de l’U.E. représentent l’équivalent de la somme des déficits annuels de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne, comme l’a fait remarquer Frank Slijper, l’auteur d’un rapport du Transnational Institute (TNI) à Amsterdam (cf. Military Spending and EU crisis).
Les vaincus de la Guerre de 39-45 ne sont pas devenus des géants économiques parce que libérés du poids des armes, comme le veut la légende. Ils ont rejoint la course et le peloton de tête. L’Allemagne figure aujourd’hui au 3e ou au 4e rang mondial parmi les exportateurs d’armes.

5) Le Japon dispose d’un budget pour ses forces armées, dites d’auto-défense, qui dépasse désormais le budget français. Avec un ministère de la Défense qui s’assume et du matériel de guerre qui n’est plus interdit d’exportation, le Japon normalisé renonce par la même occasion à l’autolimitation qui consistait à ne consacrer à ce budget qu’1 % de son PIB, une règle que la Diète avait érigée en 1974.

Et l’exception française ? 

LE PIEGESi la volonté de puissance ne peut faire abstraction des contingences matérielles, il est de bon ton d’affirmer haut et fort que la sécurité n’a pas de prix ; que la dissuasion n’est pas négociable ; que notre dissuasion existentielle est le ‘minimum vital’ (Sarkozy), qu’il faut ‘dépenser juste’ (Hollande). Le débat sur le beurre et les canons et la valeur inestimable des canons est donc loin d’être clos. 
A travers le baptême de nos sous-marins, par exemple, tout a été entrepris pour nous faire croire que nous détenions de vrais bijoux. Si la marine fait plonger au large de Toulon le Rubis, le Saphir, l’Emeraude, l’Améthyste, la Perle (avec le Casablanca, ce sont les noms des 6 SNA (Sous-Marins Nucléaires d’Attaque) de la classe Rubis encore en service), c’est aussi et surtout parce que, comme dirait l’Oréal, ‘nous le valons bien !’ Cette parade luxueuse, à défaut de nous éblouir, nous a donné quelques longueurs d’avance dans la façon d’impacter le monde.

TRUMP CHARDans cette compétition mondiale, les dépenses militaires par habitant sont plus explicites (et moins diffusées) que les montants globaux, et la France n’est devancée que par les États-Unis, l’Arabie Saoudite et le Royaume-Uni. Le citoyen lambda qui réside ici et paie ses impôts dépense donc 600 dollars par an, soit près de 2 dollars par jour.

B.C. 

voir aussi le site de Tlaxcala-int 



 

submarines of europe 45015Sigmar Gabriel, le nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, déclare ces jours-ci : 'Je ne suis pas opposé à l’objectif des 2%, (du PIB consacré à la défense) mais attention, prévient-il, ‘à ne pas retomber dans le piège d’une course aux armements’. Le ministre s’interroge à cette occasion sur la situation des Etats comme la Grèce, ce pays de 11 millions d’habitants qui dépense beaucoup pour son armée (plus de 2% de son PIB et non plus 6% comme dans les années 80). On le comprend : il possède davantage de chars (1.300 tanks dont 170 "Leopard 2" allemands) que l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, cinq fois plus que la France, et ne parvient pas à payer les retraites de ses concitoyens. Mais il serait utile de rappeler que la dette, les déficits qui frappent la Grèce sont en bonne partie dus à des achats d’armes (à prix fort) dont ont bénéficié ces Européens donneurs de leçons, comme le souligne Manos Tsaldaris, spécialiste des questions de défense.

Lire la suite : Le SIPRI dépassé par la soif de militarisation

Aujourd'hui, quand on veut aller sur la lune, il ne suffit plus d'être poète, il faut être astronome.

FRANCE-qui-se-chercheSi François Hollande m'avait demandé ma vision de la défense de 2025, et en m'écartant de la thèse selon laquelle la guerre est un régulateur à la crise, j'aurais été tenté de dire conformément à la consigne : 'Désarmons les premiers'. Et ajoutant: 'chiche' ! Car je pense que ce mot d'ordre pourrait susciger une petite révolution dans les esprits. Or, ce qui m'importe et ce qui nous importe ici, c'est de savoir comment le désarmement peut s'inscrire dans une politique progressiste.

Lire la suite : L'atome, illusion de la puissance

SWISS ARMS

Le citoyen suisse s'est exprimé en février 2011 par voie de référendum sur la meilleure façon de se prémunir des dégâts – violents - des armes à feu. Un vrai casse-tête dans un pays où le tir militaire est un sport national.
'Contre la violence des armes' n'est pas un gag, ni un slogan équivalent à 'Rasons les Alpes qu'on voit la mer !' brandi par les militants du mouvement Zürichois des années 80-82.

« Oui à la protection contre la violence des armes » est une initiative populaire à partir de laquelle le peuple suisse va devoir se prononcer.

 

La Suisse, une armurerie

Les initiateurs de ce projet lancé par le Conseil Suisse pour la Paix et soutenu par le parti socialiste et les Verts - dénoncent la violence des armes de guerre. Ils en veulent pour preuve que le fusil d'assaut - qui décore tout chalet suisse au même titre que le canif rouge ou le caquelon de la fondue - a été utilisé plus de 200 fois l'an dernier dans des conflits familiaux et suicides. Eh oui, une arme tue et cette info ne figure pas de façon spécifique sur l'emballage. Les troupes pacifistes s'offusquent de cette négligence. Les églises protestantes parlent de l'usage abusif des armes comme si la Suisse devait accepter de faire une cure de désintoxication.

Lire la suite : Suisse : Touche pas à mon fusil d'assaut !