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Géopolitique et développement durable

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WILLY BRANDTLe développement et la paix sont d’une telle importance internationale que, sans émotions exagérées, l’on peut dire sans aucun doute que – surtout si l’écologie est également prise en compte – le sort de notre planète et celui de l’humanité sont en jeu, à moins que des solutions adéquates ne soient trouvées à temps pour contrecarrer ces interdépendances fatidiques; J'utilise le terme "interdépendances non reconnues" parce que, dans les analyses scientifiques et dans la pratique politique, les "réflexions" réciproques sont souvent méconnues, et ce dans un double sens. D'un côté, ces interrelations sont immédiatement évidentes dans les pays du Sud ; de l'autre, les désastres dans le Sud ont un impact immédiat sur les pays du Nord. 

Il était logique que les rapports remis par la Commission Brandt de 1980, la Commission Palme (1983) et la Commission Brundtland (1987) partent de l'idée de la responsabilité commune pour toute notre planète et qu'ils attachent aussi de l'importance à l'idée de l'interdépendance - mais avec un accent varié. Les "Intérêts communs", la "Sécurité commune"et le "Futur commun" devraient exiger qu'un terme soit mis à la confrontation sans compromis dans le monde, de sorte que l'on ait toujours la chance non seulement d'exister l'un à côté de l'autre, mais de co-exister en harmonie. Aucun des principaux problèmes qui existe entre les nations industrialisées et les pays en voie de développement ne peut être éliminé de manière efficace par l'intermédiaire de la confrontation.

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00 dmz documentary film festival

 

Un tank qui a été utilisé pour le film Taegukgi Hwinallimyo, sorti en 2004, a été entièrement décoré par l'artiste multimédia coréen, Lee Yong-baek. Le public a pu voir le blindé lors du défilé pour la paix, intitulé "Angel Soldier and Flower Tank" dans le cadre de la 4ème édition du Festival International du Film Documentaire de la DMZ

Qu'y a-t-il de commun entre la forêt de Fontainebleau ou le mont Ventoux ? Ou le Parc national des Cévennes ? Ce sont des réserves de la biosphère, tout simplement. Ces réserves, la planète en compte 580 réparties dans 114 pays, dont 9 réserves transfrontalières. Et pourquoi ne pas en rajouter une autre, sur cet espace hautement symbolique, la zone dite 'démilitarisée' ou DMZ qui sépare artificiellement les deux Corée ?

Cet univers qui respire (encore !) la guerre froide, est caractérisé par 248 kms de clôtures, barbelés et miradors d'où les frères ennemis s'observent 24 heures sur 24 depuis 60 ans. Difficile de faire de ce décor une attraction touristique. Et pourtant. Cherchons à transposer : la base de sous-marins nucléaires d'Ile Longue est bien installée sur le parc naturel d'Armorique. En France toujours, 50.000 hectares de terrains militaires sont labellisés ' Natura 2000' et le Ministre de la Défense dans son rapport sur le développement durable s'en félicite. Alors pourquoi s'étonner que sur le 38ème parallèle, ce no-man's land parsemé d'un million de mines soit aussi une réserve de la biodiversité? Pourquoi ne pas labelliser cet espace unique alors que c'est un modèle de réserve naturelle où tout citoyen pourrait côtoyer 70 types de mammifères dont l'ours noir et le tigre , admirer 300 espèces d'oiseaux dont les hérons et grues blanches ainsi que 3000 variétés de plantes ?!

La DMZ, parc de paix ?

La DMZ n'est toujours pas inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Lire la suite : La DMZ bientôt au patrimoine de l'UNESCO ?

conflits verts

En 1992, le GRIP faisait paraître ‘Les Conflits Verts – La dégradation de l’environnement, source de tensions majeures’.
Bien qu’il n’ait aucune prétention particulière, ce livre va marquer les esprits et influencer tous ceux et celles qui se rendent compte alors de l’utilité de se mobiliser en faveur d’une certaine écologie, bien avant que ne se développe un verdissement de la peace research, avant même que la notion de sécurité environnementale ait reçu ses lettres de noblesse, avant que le PNUD ne fasse apparaître le concept de sécurité humaine dans son rapport sur le Développement Humain ; dix ans avant que ne soit prononcée la fameuse phrase de Jacques Chirac ‘La maison brûle et nous regardons ailleurs’ ; une image qui lui a été soufflée par Nicolas Hulot et/ou Jean-Paul Deléage pour le sommet du Développement Durable à Johannesburg. 

 


Au sommaire
1. Les conflits pour les ressources
Amérique centrale, une terre tant convoitée - Stéphane Rillaerts
Le pétrole, un enjeu écostratégique - Eric Remacle
2. l'environnement malmené
La détérioration de l'environnement : à qui la faute ? - Marc Schmitz
Les surexploitations des ressources naturelles - René Dumont
3. Les conflits verts
L'eau au Proche-Orient : une situation explosive - Jean-Paul Collette
Pollution en Méditerranée : le Nord contre le Sud ? - Bernard Ravenel
Ex-URSS : une nouvelle "zone des tempêtes" - Jean-Marie Chauvier
L'exploitation de l'Amazonie, source de nouveaux conflits - Jean-Marie Fardeau
L'environnement, victime des réfugiés, les réfugiés, victimes de l'environnement - Colette Braeckman
4. Les militaires et l'environnement
La manipulation de l'environnement à des fins militaires - Arthur Westing, président de la Westing Associates in Environment, Security and Education, auteur (aussi) de Global Resources and International Conflict, SIPRI ;
Environnement et Guerre du Golfe : l'heure du bilan - Jean-Pascal van Ypersele de Strihou, climatologue à l’institut d’Astronomie et de géophysique G. Lemaître, Université Catholique de Louvain-la-Neuve ; 
5. Quels remèdes ? Quelles perspectives ?
La montée des Verts - Jean-Paul Marthoz ; 
Réchauffement du climat : quels remèdes et quelles stratégies ? - André Berger, professeur en sciences de l’atmosphère à l’université catholique de Louvain-la-Neuve ; président de la commission internationale du climat ; 
Pour éco-sécurité commune et globale - Eric Remacle
Prévenir les conflits verts grâce à une réelle politique de développement - Eric Remacle, Walter Leal Filho, Alain Daems
Les Sandinistes et la réforme agraire - Jaime Wheelock Roman
Déforestation, dette et explosion démographique - René Dumont
Sauver l'environnement oui, mais d'abord des rapports Nord/Sud plus justes - Kofi Anwoonor
Ex-URSS : du communisme fictif au capitalisme réel - Jean-Marie Chauvier
Conflits de l'environnement et droit international - Olivier Paye
Le goulag du guiligili - Jacques-Yves Cousteau
Les Nations unies face au défi démographique - Mohammed Mazouz

Lire la suite : Il y a 25 ans, les conflits verts

ARMES ASSEMBLEE natRien de tel qu’une conférence onusienne pour comprendre que l’ONU et ses conventions sont pavées de bonnes intentions. Exemple ? Le ‘code de bonne conduite’ pour assainir et moraliser un secteur en plein boom, celui du trafic de l’armement, où la transparence concurrence celle de la FIFA. Les tractations ont commencé il y a 20 ans, et finalement en décembre 2014, le Traité sur le Commerce des Armes (TCA) est entré en vigueur. Pour limiter la casse des civils, les dérapages génocidaires, les architectes du TCA ont tout prévu. Sauf que les combattants changent d’uniforme et que le matériel, immatriculé n’importe où et figurant sur aucun registre national ou international se recycle aisément sur des théâtres auxquels il n’était pas destiné. Comme on a pu se rendre compte au Mali où des groupes djihadistes ont récupéré du matériel français vendu officiellement aux rebelles libyens.
Trop facile de dénoncer les marchands de canons, de chars ou de lance-roquettes ! Avec un marché qui représente 80 à 100 milliards de dollars, l’internationale des magouilleurs existe, et toute règlementation peut faire sourire. Le censeur qui voudrait dicter les recettes les plus ‘humainement correctes’ va se coltiner des acteurs qui revendiquent le droit de s’approvisionner où bon leur semble, au nom de leur défense, y compris l’Erythrée qui engloutit 8 % de son PIB à ses dépenses militaires.

Les Etatsuniens veulent bien faire mine d’approuver le TCA du bout des lèvres (sans le ratifier) mais avec un bémol : que les munitions soient exemptées. Ceux qui n’y voient qu’un caprice ignorent que les Etats-Unis fabriquent 6 milliards de munitions par an.

PALAIS des NATOINS GEONU ou pas ONU, les Etats frappés d’embargo pour mauvaise conduite sont passés maîtres dans l’art du contournement. Exemple ? Le Zimbabwe de Mugabe. Il fait son shopping en République Démocratique du Congo (RDC), là où nul ne distingue les bons et les méchants soldats. Cette RDC, à l’abri des projecteurs ici, est arrosée entre autres, par les industriels nord-coréens, car Kim Jung Un convoiterait l’uranium congolais, un uranium dont la pub n’est plus à faire puisqu’il a contribué à l’exploit d’Hiroshima.

Lire la suite : L’ONU et le Traité sur le Commerce des Armes

COUV Guerre et paix OK

Cet essai est une contribution précise et précieuse à la stratégie théorique, qu'on ne trouve pas, par définition, dans les traités de guerre et dans l'éloge ou la critique des stratégies globales des puissances. On doit le considérer comme une réflexion et un pamphlet , ainsi que l'énoncé stratégique et tactique d'une pensée en action, groupant l'écologie et le pacifisme non violent sans repousser, comme ennemie par définition, toute pensée militaire de l'avenir d'une défense de la survie sur terre ; un tel courant de pensée et d'éthique avait toujours critiqué (sans succès) le déploiement des systèmes d'armes inutilisables et des doctrines d'emploi des forces exigeant une course aux armements sur normes américaines , qui triompha sans interruption depuis la guerre froide .

Lire la suite : Pour une stratégie écolo des artisans de paix