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Géopolitique et développement durable

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Le blog de Ben Cramer, journaliste polémologue
 

13 Fév 2018
La Corse a failli connaître le sort d'In-Ekker

 A l’époque où la France fait exploser sa première bombe dans le désert saharien, le 13 février 1960, il eût été indécent de plaisanter sur les mérites de cette bombinette ou de rigoler sur cette force de frappe en devenir. Le 13 février 1960, plus de 6.000 personnes sont mobilisées au Centre saharien d’expérimentation militaire pour l’opération ‘Gerboise bleue’. Tous les avions survolant l’Afrique reçurent l’ordre de s’écarter d’une zone située au-dessus du désert du Tanezrouft, quelque part en plein cœur du Sahara. La bombe, d’une puissance de 70 kilotonnes (soit quatre fois Hiroshima) est perchée sur une tour de 100 mètres de hauteur. Gerboise Bleue intervient 15 ans après Hiroshima certes, mais 5 ans seulement après que la décision de faire [ ... ]

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09 Fév 2018
L’Europe et l’atome : 60 ans d’attirance et de rejet

1957-2017 
1957 ne fut pas seulement l’année de la signature du Traité de Rome. 1957 fut le témoin d’initiatives en vue de nucléariser le continent. Le président D. Eisenhower annonça son intention de stocker des armes nucléaires tactiques (ANT) en Europe, au cours d'un sommet de l'OTAN. Objectif : délocaliser la bombe made in the USA. Le général Norstad confirma cette décision le 27 février 1957. Pour lui, 'il est essentiel, sur le plan strictement militaire, que les forces de l'Allemagne fédérale, en plein développement, soient équipées d'armes atomiques, à la fois pour la sécurité de l'Allemagne et pour la sécurité de l'OTAN'. 

Cette offensive U.S. fut accueillie par une résistance anti-nucléaire, populaire et diplomatique.

Du côté [ ... ]

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02 Fév 2018
Pollution militaire : un crime presque parfait

De Quirra à Camp Century en passant par Vieques ou Subic Bay, les activités militaires du XXe siècle ont fait de nombreuses victimes, et la destruction n’a pas ciblé ‘que’ des humains sur les champs de bataille. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) s’est engagé dès 2012 à présenter, devant l’Assemblée générale de l’ONU, un rapport annuel sur l’impact environnemental des conflits armés. On l’attend toujours. Et qu’en est-il de l’impact environnemental des terrains de manœuvres antérieurs aux conflits ? A l’impact post-conflit ?

Une histoire en trois temps

En résumé, les destructions se font en trois temps à l’image du bois qui chauffe trois fois : une fois quand on le coupe, une fois quand on le fend, une fois quand on le brûle. [ ... ]

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10 Jan 2018
European nuclear deterrence in the making

The American commitment to European security has been one of the few constants since World War II. Fractures have started to appear in the alliance, however. In May 2017, German Chancellor Angela Merkel observed that “the times in which we can fully count on others are somewhat over … we Europeans must really take our destiny into our own hands.” At the European Union foreign ministers’ meeting in November, 23 member states agreed to work more closely together on defense.

For the first time since 1945, Europe faces the possibility of having to maintain its security without American help. Simultaneously, Russia’s current activities—such as its intervention in Georgia, annexation of Crimea, and war against Ukraine—pose the most severe threat to European security since the end of [ ... ]

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16 Déc 2017
Le réseau ICAN – en retard d’un combat ?

Cela fait bien longtemps qu’on interdit ce que le droit international condamne. Depuis plus d’un demi-siècle ! En effet, la résolution 1653 sur l’interdiction de l’emploi des armes nucléaires date du 28 novembre 1961. Elle fut adoptée par 55 voix contre 20 (dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France) et 26 abstentions. Selon certains juristes comme Roland et Monique Weyl, ces campagnes (pour l’interdiction) sont rétrogrades dans la mesure où l’arme doit déjà être tenue pour interdite, indépendamment du bon vouloir de tel ou tel Etat de signer ou ratifier un traité ou une convention, un argumentaire qui figure dans l’ouvrage ‘Sortir le droit international du placard’ (éditions CETIM, Genève, octobre 2008).

Les nostalgiques de l’Appel de Stockholm 

Dans [ ... ]

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11 Déc 2017
Why are Nuclear Disarmament Initiatives Bound to Fail?

The International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN) was recently awarded the Nobel Peace Prize for being a strong and active force in campaigning for disarmament and pushing for the adoption of the nuclear weapons ban treaty, 2017.
Despite the best efforts of disarmament organisations like ICAN over the past decade, in the specific case of the ban treaty, the purpose of adopting the treaty itself was belittled as none of the States possessing nuclear weapons (NWS) attended the negotiations, let alone sign or ratify it. This begs the question, why has bringing states possessing nuclear weapons on board for negotiations towards nuclear disarmament proven so difficult?
The so-called indifference of nuclear-armed states to disarmament efforts must be seen in the context of evolving security [ ... ]

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10 Déc 2017
L'arbre du nucléaire et la forêt du désarmement


L’arbre des munitions nucléaires va-t-il cacher la forêt du désarmement ? Attention : la célébration du 26 septembre, déclarée Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires, risque de porter ombrage à la journée mondiale de la paix du 21 septembre.

A force de considérer que le nucléaire (en tout cas sa version militaire) représente le critère déterminant pour distinguer les’ bons’ et les ‘méchants’, les brebis et les loups, les capacités mortifères des Etats dépourvus de l’arme suprême sont sous-estimées. Au mépris de la complexité et la diversité des nations et des peuples ? En tout cas, la géographie et l’histoire de la destruction ne nous permettent pas de conférer à une seule et unique catégorie d’armement le privilège [ ... ]

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10 Déc 2017
Les militants d'ICAN au chevet d'un monde malade


La campagne pour l’abolition des armes nucléaires ou ICAN fut lancée en 2007 par l’Association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW selon les acronymes anglo-saxons). La campagne a aussi été reliée en FrancePour ces médecins au service des urgences, les malades que sont les Etats pro-nucléaires - au nombre de 70 ! - méritent des soins intensifs. Mais au vu des symptômes, est-ce bien utile de s’acharner avec pour seule feuille de route un traité international ? Cela supposerait que la maladie atomique puisse être éradiquée quel que soit le terrain, quels que soient le contexte et l’environnement du malade. Or, c’est faux. Toute guérison dépend de nombreux facteurs, y compris le relationnel avec le corps médical, l’ambiance générale [ ... ]

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09 Déc 2017
ICAN - une victoire en trompe-l'oeil (suite)

 

Depuis 1945, le nombre d'Etats qui ont renoncé à l'aventure nucléaire correspond peu ou prou au nombre de 'prétendants' à l'atome. En ce qui concerne les premiers, les élites au pouvoir se sont donné les moyens d’amorcer une évolution/révolution par rapport à leurs sujets-citoyens et aussi par rapport à leurs voisins ou ennemis. Cette démarche est vertueuse, en raison de leur renoncement et du pourquoi de ce renoncement. Se débarrasser à un moment précis de l’Histoire d’un outil qui devenait un fardeau encombrant ou insupportable est un acte politique et pas seulement un calcul d’opportunités. 

Au Brésil et en Argentine, par exemple, les élites ont frayé leur chemin vers la dénucléarisation et le processus, unique en son genre, s’est joué en duo. [ ... ]

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09 Déc 2017
ICAN : une victoire en trompe-l'oeil ?

  Les Neuf ‘salopards’ 

Même parmi les Etats nucléaires et qui sont fiers de l’être, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Pourquoi les mettre dans le même sac ? Sur les neuf, deux Etats monopolisent 91% des armes nucléaires.

Cinq sont membres du Conseil de Sécurité et grâce au Traité de Non Prolifération (TNP) qui a officialisé leur statut, aucun de leurs dirigeants n’envisage ‘de se priver de ce privilège qui lui a été conféré par un accident de l’histoire’, selon l’expression de Jacques Attali. 

Quatre (4) puissances (Corée du Nord, Inde, Israël, Pakistan) snobent le TNP. Le premier dissident a renoncé à ses obligations d’antan en ayant recours à l’article 10 du TNP qui fut réclamé au départ par l’Allemagne. [ ... ]

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