ATHENA21.ORG

Géopolitique et développement durable

logo athena

Sécurité écologique

MARCHANDSd ARMES lordofWARLe 18 mai 2012, sur BFM-TV, Rocard semble avoir trouvé la recette pour régler le problème du déficit : fermer tout simplement la pompe à fric que représentent les forces nucléaires. Rocard n’explique pas comment mettre ces engins à la casse, avec quels moyens recaser les scientifiques du CEA (comme feu son père) ou reconvertir les ingénieurs, comment démanteler les sous-marins nucléaires, mais il affirme avec un certain panache : "C'est 16 milliards d'euros qui ne servent absolument à rien !"
L’affirmation va provoquer un tollé. Une majorité bien pensante se dessine pour hurler : Ne touche pas à notre bombe ! François Hollande en chef des armées s’en mêle. Il affirme alors en plein Sommet de Rio, qu’il n’est pas question de brader notre siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, de porter atteinte à notre bombinette, pardon, aux vertus de notre "assurance-vie" et à notre arme de ‘non-emploi’, et ce pour de vulgaires motifs d’économie budgétaire. Entretemps, Rocard fait marche arrière, relativise sa ‘boutade’, tandis que les écologistes ne se précipitent pas (hormis Noël Mamère) pour réclamer la sortie du nucléaire militaire ou la décroissance militaire.
ROCARDSi le pavé dans la mare de Rocard n’est pas enterré pour autant, c’est parce que les efforts de la France en matière de défense sont de moins en moins …crédibles et défendables. La destruction au rabais est une science exacte et les militaires se sentent floués par les réductions d’effectifs et de casernes. S’il faut entretenir des lanceurs, (les missiles) et des munitions nucléaires, censés ne pas servir, ce qui coûte bonbon, est-ce bien raisonnable de le faire aux dépens de ceux qui ont pour mission de les manœuvrer le jour J ?

Lire la suite : Français, si vous comptiez …

 

ampoule-basse-consommationQuestion : Quelle différence y a-t-il entre un conflit contemporain et une ampoule de basse consommation ? Réponse : aucune. Dans les deux cas, ça met du temps à s'allumer, ça chauffe moins en apparence, c'est moins éblouissant, moins bling-bling et ça se veut plus efficace, du moins sur le long terme. Sauf que le long terme finit par s'éterniser et que les guerres sans fin, sans victoire et sans défaite contredisent les promesses politiques. Même si elles arrangent ceux qui ont la trouille d'être à court d'ennemis.
Dans la guerre d'Afghanistan, par exemple, où la France est présente sans être en guerre, où l'on combat des guerriers qui ne sont pas considérés comme tels, les clashs décisifs sont différés. Nul n'est parti la fleur au fusil, l'héroïsme ne paie pas, et si l'on doit mourir, les soldats plus ou moins téméraires préfèrent mourir de mort lente comme disait le chansonnier-poète. Adieu les guerres-éclair. Ces guerres de faible intensité traînent. On dit d'ailleurs que la guerre s'enlise. Mais ce sont les combattants qui s'enlisent, quitte aussi à se flinguer entre eux...

Lire la suite : Le slow killing

Caddie armesLe matériel militaire, contrairement au pinard, ne prend pas de la valeur avec l'âge. Faut donc gérer ce qu'on appelle la fin de vie de ces équipements, ne rien stocker, démanteler un minimum, brader, savoir s'en séparer au bon moment. Pour l'armée française, voilà une révolution culturelle en marche.

Le vide-grenier

Si les armées se retrouvent avec beaucoup d'armes sur les bras, certaines sont mieux outillées que d'autres pour recycler leur quincaillerie. Prenons nos voisins Allemands : sur les 1.650 chars qu'ils avaient alignés, ils sont parvenus à céder plus de 1600 et 10 d'entr'eux ont été cédés à des musées. Pour les sous-marins, nos voisins ont vendu leurs vieux U-206 – qui avaient 40 ans de service derrière eux – à la marine thaïlandaise en faisant valoir que c'était le moins cher sur le marché.

Lire la suite : Braderies et vide-greniers pour matos militaire

DDselonDEFENSE envUn ancien haut-lieu de la dissuasion nucléaire française vient d'être transformé en une centrale solaire. Une reconversion surprise qui tendrait à démontrer que le développement durable n'échappe à personne.

Difficile à prévoir. Difficile à négocier. Mais depuis le mois d'août 2009, la société AES Solaire France – basée à Aix-en-Provence - a réussi son pari : des panneaux photovoltaïques par milliers ont été installés sur un site de 5 hectares et demi. Juin 2010 a donc vu naître la première centrale solaire du genre. Avec un investissement de près de 5 millions d'euros, elle produit à proximité de la commune de Sault, 1,2 mégawatts et approvisionne en électricité une commune de 600 habitants de la région (Revest-du-Bion).

Lire la suite : De la Grande Muette au Lab de Bas Bruit

Ivan-IllichDans son ouvrage 'Energie et Equité', Ivan Illich semble avoir compris – et ce même avant l'apparition du TGV - que l'augmentation de la vitesse pour un petit nombre inclut la désutilité de la vitesse pour la majorité ; Il anticipe que cette accélération détruit cette valeur ajoutée, pire encore, brise l'utilité de la vitesse et justifie l'incapacité de la majorité à bénéficier du transport, de la liberté de déplacement .....

 

AFFICHE CANADA ILLICHIllich explique aussi – en associant (tout comme par exemple Paul Virilio) l'idée d'exclusion et de violence - qu'au-delà d'un certain niveau de consommation énergétique des acteurs, il y a tension. Dans le même esprit, quand des efforts sont entrepris à coups de millions ou milliards pour accroître le dispositif protecteur d'une minorité, l'augmentation de la puissance de la machine militaire fait illusion, (la violence de la société du spectacle) ; l'étalage de la puissance des armes et des uniformes diffuse un sentiment d'impuissance dans le but d'acclimater le citoyen désemparé pour qu'il revendique de nouveaux remèdes sécuritaires comme s'il était en état de manque. Le blindage paranoïaque est une escroquerie qui contraint une majorité – à qui l'on refuse le droit de vivre en paix - à survivre dans une situation permanente de vulnérabilité, de sursis, une impression entretenue par des ennemis imaginaires brandis à intervalles réguliers pour détourner l'attention des démunis.
EFFET BOOMERANGIl y a donc tout lieu de penser que, pour limiter les dégâts de cette militarisation, il ne faut pas dépasser un certain seuil, un seuil de production et de consommation, un seuil de gaspillage.
L'institution chargée de défense est coupable de non-assistance à peuples en danger puisqu'au delà d'un certain seuil, sa force de frappe entraîne tensions sociales et donc production d'insécurité et d'insécurités.

 B.C. Février 2010