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Géopolitique et développement durable

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Sécurité écologique

stop climate engineering billboardQue le lecteur ne se passionne guère pour la présentation débile des bulletins météo, même en été, à l'approche d'une canicule, ça se défend. Mais injecter des produits chimiques ou de l'eau pure dans les nuages, diminuer la grosseur des grêlons ou augmenter la quantité de précipitations est une pratique courante, tel le bricolage du dimanche. Aux Emirats Arabes Unis, à défaut d'importer des nuages, on a acheté les prouesses d'ingénieurs suisses de la société Meteo Systems International, ceux qui ont sorti le Weathertec, un gadget miracle capable de déclencher des pluies. Les Californiens pratiquent l'ensemencement tout comme les Brésiliens tandis qu'en Afrique du Sud, on innove depuis 1999 avec le recours à des sels hygroscopiques...
Outre l'intérêt de contrer la sécheresse, et la désertification, ce bidouillage apparemment inoffensif (mais pas écolo) a des motivations plus futiles. A Beijing, les météorologues ont vanté des technologies avancées ou agents catalytiques pour que le ciel soit dégagé lors la cérémonie d'ouverture des J.O. Cela fait sourire sauf que ... l'Agence météo chinoise qui a vu le jour officiellement en l'an 2000, a de quoi faire fantasmer Météo France. Elle emploie 37.000 personnes, dont 10.000 chargées d'ensemencer les nuages en tirant des fusées ou des obus remplis d'iodure d'argent.

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TERRE BANDAGELa première conférence des Parties chargée de l’examen de la Convention ENMOD s’est tenue en septembre 1984 à Genève. Ceci correspond à un exercice prévu. En effet, conformément aux articles, le dépositaire convoquera 5 ans après l’entrée en vigueur de la Convention, une conférence des Etats parties à la Convention pour examiner le fonctionnement de celle-ci, en vue de s’assurer que ses objectifs et ses dispositions sont en voie de réalisation. La Conférence examinera (alors) en particulier l’efficacité des dispositions du paragraphe 1 de l’article 1 pour éliminer les dangers d’une utilisation des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toute autres fins hostiles. 
Par la suite, des conférences ayant les mêmes objectifs pourront être convoquées à des intervalles non inférieurs à 5 ans. La deuxième conférence s’est tenue en septembre 1992 à Genève. – Les participants n'ont pas jugé opportun de modifier la Convention de 1978, mais ils ont recommandé que soient incorporées dans les manuels militaires des instructions relatives au droit international applicable à l'environnement en période de conflit armé.

Les explications françaises

A la suite d’une question d’un député, qui n’est pas sans lien avec l’absence manifeste de la France à l’élaboration de la Convention et à son refus d’y prendre sa place, le ministre de l’environnement Michel Barnier a répondu en évoquant le terrorisme écologique : ‘A la suite de la question de l'honorable parlementaire, des recherches ont été effectuées afin de vérifier si un projet de révision d'une convention de Genève ou de son protocole, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, était en cours, afin d'envisager une extension pour préserver la planète du terrorisme écologique. Il s'avère qu'aucune révision n'est étudiée actuellement, même si l'actualité de ces dernières années plaide en faveur d'une telle réflexion ( ?). Cependant, à la suite de la guerre du Golfe et de la résolution adoptée lors de la 46e Assemblée générale des Nations unies, une conférence d'examen de la convention ENMOD, s'est tenue à Genève, en septembre 1992, à laquelle la France réfléchit à la possibilité d'adhérer’ (réponse publiée dans le J.O. Sénat du 17/03/1994).

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MOUTONSLe monde devrait se féliciter de certains hasards du calendrier. Le dernier en date fut le happening en faveur du climat le 21 septembre 2014. Cette date n’est pas anodine : c’était  la journée internationale de la paix célébrée comme il se doit depuis 2001, conformément à une résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Grâce à un sommet à New York auxquels avaient été conviés les dirigeants du monde par Ban Ki Moon, la « marche‘pour le climat » était une occasion idéale, inespérée, d’additionner et combiner les consciences des écologistes et des pacifistes. Puisque les perturbations climatiques représentent un arme au service des forces armées ; puisque le dérèglement climatique auquel nous assistons est facteur de guerres et que ces conflits en gestation vont hypothéquer tout avenir durable auquel nous aspirons…, il y avait vraiment de quoi louer cette synchronisation : faire coïncider les enjeux du climat et ceux de la paix !

Lire la suite : Le 21 septembre, journée d’Alzheimer pour la paix ? 

MORUROA menaceA Tahiti, au journal télévisé du 27 janvier, (2013), le délégué à la sûreté nucléaire de défense a prédit un tsunami avec des vagues de 20 mètres de hauteur suite à l'immersion prochaine de 670 millions de mètres cubes de l'atoll de Moruroa.
Contrairement à Bikini, l'espace protégé du site des essais nucléaires de Moruroa ne figurera pas sur la liste prestigieuse du patrimoine mondial de l'UNESCO. Parce que Moruroa va bientôt se fracturer, se décomposer, s'enfoncer et puis être rayé de la carte. Cette histoire hante l'ex-président Jacques Chirac. Et pour cause : quand il a lancé son Appel du 13 Juin (1995) pour la reprise des essais nucléaires, il a agi en toute connaissance de cause. Tâchons de restituer les faits. Aujourd'hui, il n'y a plus d'essais à Moruroa, ni sur Fangataufa, l'atoll-frère. C'est fini. Les atolls devaient être restitués aux Polynésiens dès 1996 mais ...la métropole en a décidé autrement. Ils sont sous statut militaire. Interdits au public. Interdits aux civils. Comme Bikini, c'est désormais inhabitable, ce qui contribue à dissimuler les dégâts différés. Là où vivaient et survivaient 3000 habitants dans les années 80, il ne reste en tout et pour tout que 23 militaires. Les délires de reconversion de ces îles pour en faire des centres de recherches ou des villages de vacances style Club Med en ont pris un coup.

Lire la suite : L'héritage de Jacques Chirac dans le Pacifique Sud

guerre-et-nature-201x300Tous les 6 novembre depuis 2001 est célébrée la Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre (et de conflit armé). Reconnue comme telle par l'ONU. Ignorée du plus grand nombre, cette journée est le fruit d'une histoire.
Durant la guerre du Vietnam, les forces armées Américaines ont tenté, lors de l'opération 'Popeye', d'utiliser l'arme météorologique pour inonder la piste Ho Chi Minh (route passant par le Laos et le Cambodge qui servait au transport des combattants et du matériel NDLR). Plus de deux mille trois cents missions-pluies ont été menées sur Ho Chi Minh par l'escadron 54 de reconnaissance météo. La mise au point de cette technique de géo-ingénierie aura pris sept ans et coûté 21,6 millions de dollars.


Après la divulgation de ces pratiques qui ont scandalisé le Congrès à Washington mais évité au locataire de la Maison Blanche un Watergate de la guerre météo, Américains et Soviétiques s'accordent dès 1974 pour y mettre un terme, du moins, pour adopter un code de bonne conduite. Ils déposent à l'Assemblée Générale de l'ONU un projet de Convention sur l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, convention surnommée ENMOD, la contraction de 'ENvironmental MODification'

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