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Géopolitique et développement durable

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WHAT HAVE THEY DONE'À nos risques et périls : l’évaluation du risque par le Département de la Défense dans un monde post-suprématie'. C’est le titre d’un rapport émanant de l’institut d’Etudes Stratégiques du U.S. Army War College paru en juin. Du lourd. Un condensé de recettes-choc destiné aux élites à Washington. Objectif : ralentir et limiter la casse autour de l’effondrement inéluctable du ‘siècle américain’, s’il en est encore temps.
Au pays de Trump, il y a péril en la demeure. L’Amérique va mal. Que Steve Bannon, l’un des ex-conseillers du président, qui pariait sur l'avènement prochain de l'Apocalypse, ait été congédié n’y change rien. Comme dirait le catastrophiste éclairé, Paul Virilio, un conducteur de train doit anticiper le déraillement, un pilote de ligne doit penser au crash, un capitaine de navire prévoir le naufrage...Et un empire en pleine déconfiture ?
Selon nos experts en prospective, qui gravitent autour du monde du renseignement et du Pentagone, le déclin est inévitable car les Etats-Unis ne vont plus jouir du statut de forteresse imprenable face à des Etats rivaux ; ils ne peuvent plus compter sur la position de domination, de suprématie ou de prééminence dont ils ont joui pendant plus de vingt ans, à la suite de la chute de l’URSS. L’Amérique qui a dicté les termes de la sécurité internationale pendant 7 décennies risque d’être dépassée. L’Amérique qui  a dicté les termes de la sécurité internationale  pendant 7 décennies ne peut plus fanfaronner. Le rapport cite les prédictions de l’ex-patron de la CIA David Petraeus pour qui l’"ordre international actuel ne peut être perçu comme acquis une fois pour toutes et si nous arrêtons de le soutenir, il va s’effilocher et éventuellement s’effondrer". Bref, il faut s’attendre à une redistribution des cartes au niveau international ; et cette redistribution ne sera pas un long fleuve tranquille.
ILES de PAQUESLes stratèges qui se penchent depuis juillet 2016 sur le cas étatsunien sont formels : l’Amérique doit prendre en compte les nouveaux rapports de forces et ce n’est plus la peine de scander que ‘le soleil ne se couche jamais’ là où s’implantent le drapeau étoilé et le dollar. En attendant de trébucher et de rejoindre d’autres sociétés qui sont passées à la trappe comme les habitants de l’île de Pâques, il est conseillé de ne pas se laisser aller. Reconnaître que nous vivons dans un monde post-impérial n’est pas une approche défaîtiste, c’est une façon de tirer la sonnette d’alarme'. Même si, comme l’écrit ledit rapport, les événements mondiaux vont plus vite que le Département de la défense n’est capable de les traiter pour le moment . En tout cas, il va falloir s’accrocher. Comment ? Primo, miser sur l’aventurisme militaire, car la doctrine militaire U.S. doit éviter les objectifs ou les buts qui, à la fin, se révèlent n’être que des victoires à la Pyrrhus'. Secundo, renforcer la surveillance car la dissémination de ‘faits’ qui mettent en cause la légitimité de l’empire américain est l’un des principaux moteurs de son déclin. Tertio : accroître la ‘manipulation stratégique de la perception’, en clair, la propagande. Bref, une expansion du complexe militaro-industriel est recommandée mais pas n’importe comment. Il faut zapper le mythe de l’America First, enterrer le projet néo-conservateur du siècle américain et se concentrer sur l’accès mondial aux ressources. Un lecteur averti en vaut deux.

Au baromètre de la dangerosité

globalzeroNous avions cru être servis avec le ‘Doomsday Clock’ ou Horloge de la Fin du Monde. Selon cette fameuse pendule mise au point il y a 70 ans, l’arme nucléaire représente la bombe à retardement et le monde se rapproche de l’heure fatidique. En janvier 2017, les scientifiques de Chicago (dont une quinzaine de Prix Nobel) ont livré leur dernière prophétie : deux minutes et 30 secondes nous sépareraient de minuit, donc de l’Apocalypse. Soit moins qu’il n’en faut pour finir de lire ce papier. Tic, tac..., tic, tac...Fichtre ! Espérons que les Trump et Kim Jung Un scrutent ces aiguilles attentivement.
Si l’on exclut le bluff nucléaire dans le Pacifique, entre Hokkaïdo et l'île de Guam, ou l’émergence de la planète X ou Nibiru qui frôlerait (ou frappera, au choix) notre planète à l'automne 2017, il nous reste ce dernier scénario : assister en direct, à l’effritement du pouvoir d’une Amérique aux abois, une Amérique qui, si l’on en croit l’historien Alfred McCoy, devrait agoniser d’ici 2025 et n’être plus qu’un souvenir en 2030.
Avec ces lendemains qui risquent de déchanter et décoiffer, des lendemains truffés d’empêcheurs de vivre et mourir en paix, ce n’était pas vraiment le moment de prendre des vacances.


Ben Cramer

 

 

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