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Géopolitique et développement durable

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MOUTONSLe monde devrait se féliciter de certains hasards du calendrier. Le dernier en date fut le happening en faveur du climat le 21 septembre 2014. Cette date n’est pas anodine : c’était  la journée internationale de la paix célébrée comme il se doit depuis 2001, conformément à une résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Grâce à un sommet à New York auxquels avaient été conviés les dirigeants du monde par Ban Ki Moon, la « marche‘pour le climat » était une occasion idéale, inespérée, d’additionner et combiner les consciences des écologistes et des pacifistes. Puisque les perturbations climatiques représentent un arme au service des forces armées ; puisque le dérèglement climatique auquel nous assistons est facteur de guerres et que ces conflits en gestation vont hypothéquer tout avenir durable auquel nous aspirons…, il y avait vraiment de quoi louer cette synchronisation : faire coïncider les enjeux du climat et ceux de la paix !

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MORUROA menaceA Tahiti, au journal télévisé du 27 janvier, (2013), le délégué à la sûreté nucléaire de défense a prédit un tsunami avec des vagues de 20 mètres de hauteur suite à l'immersion prochaine de 670 millions de mètres cubes de l'atoll de Moruroa.
Contrairement à Bikini, l'espace protégé du site des essais nucléaires de Moruroa ne figurera pas sur la liste prestigieuse du patrimoine mondial de l'UNESCO. Parce que Moruroa va bientôt se fracturer, se décomposer, s'enfoncer et puis être rayé de la carte. Cette histoire hante l'ex-président Jacques Chirac. Et pour cause : quand il a lancé son Appel du 13 Juin (1995) pour la reprise des essais nucléaires, il a agi en toute connaissance de cause. Tâchons de restituer les faits. Aujourd'hui, il n'y a plus d'essais à Moruroa, ni sur Fangataufa, l'atoll-frère. C'est fini. Les atolls devaient être restitués aux Polynésiens dès 1996 mais ...la métropole en a décidé autrement. Ils sont sous statut militaire. Interdits au public. Interdits aux civils. Comme Bikini, c'est désormais inhabitable, ce qui contribue à dissimuler les dégâts différés. Là où vivaient et survivaient 3000 habitants dans les années 80, il ne reste en tout et pour tout que 23 militaires. Les délires de reconversion de ces îles pour en faire des centres de recherches ou des villages de vacances style Club Med en ont pris un coup.

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guerre-et-nature-201x300Tous les 6 novembre depuis 2001 est célébrée la Journée internationale pour la prévention de l'exploitation de l'environnement en temps de guerre (et de conflit armé). Reconnue comme telle par l'ONU. Ignorée du plus grand nombre, cette journée est le fruit d'une histoire.
Durant la guerre du Vietnam, les forces armées Américaines ont tenté, lors de l'opération 'Popeye', d'utiliser l'arme météorologique pour inonder la piste Ho Chi Minh (route passant par le Laos et le Cambodge qui servait au transport des combattants et du matériel NDLR). Plus de deux mille trois cents missions-pluies ont été menées sur Ho Chi Minh par l'escadron 54 de reconnaissance météo. La mise au point de cette technique de géo-ingénierie aura pris sept ans et coûté 21,6 millions de dollars.


Après la divulgation de ces pratiques qui ont scandalisé le Congrès à Washington mais évité au locataire de la Maison Blanche un Watergate de la guerre météo, Américains et Soviétiques s'accordent dès 1974 pour y mettre un terme, du moins, pour adopter un code de bonne conduite. Ils déposent à l'Assemblée Générale de l'ONU un projet de Convention sur l'interdiction d'utiliser des techniques de modification de l'environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, convention surnommée ENMOD, la contraction de 'ENvironmental MODification'

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earthRECHERCHES INTERNATIONALESLe plus grand danger que posent les perturbations climatiques, ce n'est pas tant la dégradation des écosystèmes en soi, mais plutôt la désintégration de sociétés humaines entières, porteuses de famines, de migrations de masse et de conflits récurrents pour les ressources.

L'insécurité climatique

En évaluant l'appauvrissement des terres, en repérant les terres asséchées ou en anticipant le nombre de terres englouties ou prochainement englouties, le fait de savoir si le changement climatique (1) représente une menace à la sécurité nationale ou internationale n'est plus vraiment une interrogation. Il s'agit plutôt de savoir dans quelle mesure les perturbations climatiques vont représenter la goutte qui fait déborder le vase, vase qui contient déjà la pression démographique, la dégradation des sols, la disparition de forêts, d'eau potable et de poissons.

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logo HD On ne peut pas résoudre les enjeux autour du dérèglement climatique sans chercher à résoudre les problèmes liés aux inégalités de richesse, eux-même sources de conflits, des conflits qui vont avoir un impact sur les phénomènes climatiques. 

Alors qu'on évoque aujourd'hui un 'green climate fund' - provenant d'une taxation –, le moment serait bien choisi d'aller trouver d'autres sources de financements. Mais où ? Si la pauvreté est la cause majeure de l'insécurité dans le monde, et que la militarisation qui s'ensuit n'est pas compatible avec une économie à faible émission de carbone, pourquoi ne va-t-on pas puiser dans les caisses des budgets de défense – alors même que les activités militaires ont leur part de responsabilité dans la détérioration du climat ?

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