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Géopolitique et développement durable

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COVER GRIP ENMODParmi les axes de recherche du GRIP, les relations entre environnement, changement climatique et sécurité internationale. Elles sont et seront explorées autour de trois axes : l’avenir d’Enmod et la militarisation de la géo-ingénierie ; le footprint des activités militaires ; le fonds vert pour le climat.

Ranimer la Convention ENMOD

La convention ENMOD est l’unique instrument international (à ce jour) régissant l’utilisation de technologies permettant de modifier artificiellement le climat ; qui plus est, de contrer les pratiques visant à provoquer des tremblements de terre ; tsunamis ; bouleverser l'équilibre écologique d'une région ; modifier les conditions atmosphériques (nuages, précipitations, cyclones de différents types et tornades) ; modifier / perturber les courants océaniques, l'état de la couche d'ozone ou de l'ionosphère. La Convention ENMOD de 1977 est en sursis, même si l'ONU s'évertue à célèbrer (depuis 2001) le 6 novembre en tant que journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé ; à moins qu’une dizaine d’Etats prenne l’initiative de relancer la Convention, en mobilisant à nouveau l’Assemblée Générale des Nations Unies. A moins qu'un consensus se dessine au sein des membres de la Conférence du Désarmement à Genève; un consensus reposant sur la reconnaissance d’une certaine menace (y compris celle liée aux recherches et applications en géo-ingénierie compromettant l'esprit de la Convention). Primo, en faisant abstraction de l’opposition de certains (dès 2013) dont la voix du Royaume-Uni et celle des Etats-Unis ; secundo, en misant sur une ouverture diplomatique de la part de la France qui pourrait finir par adhérer à ce Traité, non seulement parce que ce toutes les autres puissances nucléaires, sauf Israël l'ont fait, mais parce que tous les Etats de l’Union Européenne, à l’exception de Malte, Chypre, la Lettonie, l’Estonie et la France, sont parties à la Convention ENMOD.
Une révision avec l'introduction de nouveaux amendements relève-t-elle de l'impossible ? Contrairement à d’autres Conventions ou Traités relatifs à certains types d’armes, la recherche et le développement (R & D) ne sont pas formellement interdits (Rapport GRIP 98/5). Or, il s’agit probablement de la question la plus urgente. En effet, les recherches militaires relatives aux modifications environnementales n'ont pas cessé avec l'entrée en vigueur d'Enmod en 1977 ; dérèglement climatique oblige, elles suscitent un regain d'intérêt, et pas uniquement aux Etats-Unis, ce qui laisse aux Etats toute latitude de continuer à élaborer ces techniques et éventuellement d’y recourir. Un rapport du GRIP sur la militarisation de la géo-ingénierie (cf. couverture en illustration) devrait prochainement faire le point sur ces questions. 

Autres projets de recherches en cours

Military Convoy WikimediaCoScenarii pour une réduction de l’empreinte écologique des activités militaires. En prenant pour point de départ la COP21 à Paris-Le Bourget, l’objectif est de chiffrer l’empreinte carbone des activités militaires, même si le Protocole de Kyoto en a fait un tabou. En effet, lors des négociations, les Etats-Unis ont imposé une clause précisant que les opérations militaires qu’ils mèneraient dans le monde entier et celles auxquelles ils participeraient avec les Nations Unies ou l’OTAN seraient intégralement exemptées de toute obligation de mesure ou de réduction. Un cadeau pour Pentagone, premier consommateur mondial d’énergies fossiles, et qui assure les deux tiers du tonnage acheminé sur les champs de bataille. Et tout le monde oublie, y compris dans les ONG comme le Réseau Action Climat (RAC), que l’aviation militaire absorbe 25 % de la consommation mondiale du kérosène. Nos climatologues scrutent les activités humaines, sauf celles qui sont liées de près ou de loin aux uniformes, aux forces armées. En valorisant le ‘traitement différencié’ (une idée française), on a confondu les Etats qui ont semé le chaos en allumant les principaux brasiers meurtriers du 20ème siècle et (tous) les autres ! Pourtant, un tiers des pays les plus riches est responsable de la moitié des guerres au siècle passé. Il s’agit désormais de réfléchir aux conditions d’une conversion stratégique à l’instar de la transition énergétique, concevoir des systèmes de défense d’une empreinte écologique diminuée et leurs implications.

Documentation disponible :

Couverture DEPENSES MIL PROD 2016 2GRIP 2016

COP 21, ENMOD et le 6 novembre : la paix et la guerre pour enjeux
La Convention ENMOD et le Programme HAARP : enjeux et portée
Sécurité collective et environnement - changements climatiques et dégradation de l'environnement, nouveaux enjeux des relations internationales


Fonds vert pour le climat

DISARM GREEN CLIMAT FUNDParmi les objectifs, il s'agit de présenter des options relatives au financement d'engagements pour contrer le dérèglement climatique, sachant que les 100 milliards de dollars estimés nécessaires à la dotation du Fonds vert représentent moins de 6 % des 1.676 milliards de U$ de dépenses militaires, soit 2,3 % du PIB mondial dans le monde en 2016. Ce sera l’occasion de rappeler ou actualiser la proposition de Michel Camdessus, directeur-général du FMI de 1987 à 2000, qui s’est prononcé en faveur d’une taxe sur l´exportation des armes, une taxe ‘beaucoup plus facile (selon lui) à mettre en oeuvre que la taxe Tobin’. En prospectant les propositions présentées dès 2003 grâce à Pascal Boniface, ou parmi certaines personnalités politiques dès 2004. 

B.C.