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Géopolitique et développement durable

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MARCHANDSd ARMES lordofWARLe 18 mai 2012, sur BFM-TV, Rocard semble avoir trouvé la recette pour régler le problème du déficit : fermer tout simplement la pompe à fric que représentent les forces nucléaires. Rocard n’explique pas comment mettre ces engins à la casse, avec quels moyens recaser les scientifiques du CEA (comme feu son père) ou reconvertir les ingénieurs, comment démanteler les sous-marins nucléaires, mais il affirme avec un certain panache : "C'est 16 milliards d'euros qui ne servent absolument à rien !"
L’affirmation va provoquer un tollé. Une majorité bien pensante se dessine pour hurler : Ne touche pas à notre bombe ! François Hollande en chef des armées s’en mêle. Il affirme alors en plein Sommet de Rio, qu’il n’est pas question de brader notre siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, de porter atteinte à notre bombinette, pardon, aux vertus de notre "assurance-vie" et à notre arme de ‘non-emploi’, et ce pour de vulgaires motifs d’économie budgétaire. Entretemps, Rocard fait marche arrière, relativise sa ‘boutade’, tandis que les écologistes ne se précipitent pas (hormis Noël Mamère) pour réclamer la sortie du nucléaire militaire ou la décroissance militaire.
ROCARDSi le pavé dans la mare de Rocard n’est pas enterré pour autant, c’est parce que les efforts de la France en matière de défense sont de moins en moins …crédibles et défendables. La destruction au rabais est une science exacte et les militaires se sentent floués par les réductions d’effectifs et de casernes. S’il faut entretenir des lanceurs, (les missiles) et des munitions nucléaires, censés ne pas servir, ce qui coûte bonbon, est-ce bien raisonnable de le faire aux dépens de ceux qui ont pour mission de les manœuvrer le jour J ?

A quand la décroissance militaire ?

Certes, nous n’en sommes plus à l’époque où 50 % du budget de la défense étaient squattés par le nucléaire. En 1975, Mitterrand - qui s’est plus tard rendu célèbre avec la formule ‘la dissuasion, c’est moi’ - expliquait : "la loi-programme militaire (LPM) prévoit des dépenses de 15.OOO milliards dont 8.000 pour la seule force de frappe ; ce sont là des dépenses parfaitement somptuaires : elles ne peuvent assurer la sécurité de la France, bien au contraire".
Trente cinq and plus tard, des voix se font entendre pour limiter les frais de la dissuasion made in France. Les idées fusent : Pourquoi par exemple ne pas tout miser sur nos (4) sous-marins comme le font les Britanniques ? Cette option a des partisans, au sein du Parti socialiste, dont Paul Quilès qui va présenter une motion en ce sens à Toulouse. Mais en épinglant la force nucléaire aérienne, quelles économies va-t-on réaliser ? Avec des avions de combat Rafale en moins et sans saborder l’intouchable porte-avions nucléaire ‘Charles De Gaulle’, le budget de la dissuasion ne serait amputé que de 7,5 %. Economie de bout de chandelle ? Sacrifice dérisoire ? Le débat ne fait que commencer.


Ben Cramer