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Géopolitique et développement durable

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Polémologie / Irénologie

enfants MISSILESA l'heure de l'austérité, à l'heure où le mot d'ordre se serrer la ceinture paraît obscène aux démunis et autres précaires, pourquoi parle-t-on si peu des dépenses publiques que sont les dépenses militaires ? Le sujet a été effleuré avec la faillite grecque. A ce propos, Alain Lamassoure, qui préside (alors) la commission des budgets du Parlement européen, déclarait le 10 mai 2010: "Nous devrions cesser le gaspillage énorme que nous faisons dans le domaine militaire ; nous n'avons plus d'ennemis mais nous finançons 27 armées et 2 millions d'hommes sous l'uniforme".

A partir de ce constat, on pourait se fixer de nouveaux objectifs : revoir à la baisse les capacités de défense (militaire) sans compromettre le niveau de vie du citoyen, ni sa sécurité.

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MOUTONS1 - Jamais les Européens n'ont été aussi mûrs pour s'émanciper de la tutelle américaine, de dire « chiche » nous sommes capables d'assurer notre sécurité, et faire en sorte que d'autres puissances ne la compromettent pas. Compter (davantage) sur nos propres forces est une idée qui fait son chemin. Cela pouvait paraître utopique dans les années 50, téméraire dans les années 60. C'est désormais possible.

Que cette portion d'Europe là soit un nain géopolitique, qu'elle soit incapable de régler l'occupation d'une partie de Chypre, les confettis de l'empire espagnol, ceux de l'Empire britannique à Gibraltar, qu'elle se soit illustrée comme elle l'a fait en ex-Yougoslavie, soit. Mais l'addition des efforts européens en matière de défense représente une formidable machine de guerre. Si Javier Solana, l'ex-secrétaire général de l'OTAN converti dans l'européisme bruxellois, conçoit pour l'UE simultanément deux missions, telles que l'opération Concordia en Macédoine (450 personnes) et Artémis en RDC ( 2200 hommes), on peut en déduire que l'UE peut faire mieux – ou pire, c'est selon. L'apport de l'armement nucléaire demeure une inconnue. Il y a quinze ans, le ministre Alain Juppé introduisait l'idée de « dissuasion concertée » tandis que le général Paul Véricel, en route pour l'atoll de Moruroa, déclarait " L'Europe n'existera que lorsqu'elle sera une puissance nucléaire ". Si l'européanisation du sanctuaire français n'est pas à l'ordre du jour, si l'extension de ce parapluie n'intéresse pas les voisins, on ne peut exclure que l'existence de cet arsenal joue son rôle 1 dans les quêtes d'autonomie.

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