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Géopolitique et développement durable

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Polémologie / Irénologie

EUROPE tortueAvec Donald Trump, le réveil des chers ‘alliés’ de l’Amérique est brutal. En Allemagne aussi, on s’interroge sur la validité d’un parapluie OTAN qui n’est plus une assurance-vie, d’autant plus que Trump considère que l’institution OTAN est ‘obsolète’. De quoi brouiller les cartes géopolitiques.
Selon les proches de Merkel, dont les propos sont relayés par ‘Der Spiegel’ ce mois-ci, le moment est venu de revisiter l’Europe. Première étape ? Convaincre les voisins et partenaires de l’Allemagne que le sauvetage de l’UE ne passe plus par l’union monétaire. Arrêtons de faire marcher les essuie-glaces à la même vitesse, selon les directives de la Commission de Bruxelles, arrêtons de faire marcher la planche à billets selon les directives de la Banque Centrale européenne et essayons plutôt de propulser des missiles à la même cadence. Voici la recette préconisée pour remettre l’UE sur les rails : en empruntant le filon militaire, on reprend le flambeau d’une Communauté Européenne de Défense (CED).
Séduisant, non ? L’Allemagne est de retour et le timing est parfait car le pays n’est plus un nain militaire et les clichés sur un peuple de pacifistes bêlants qui rêvent de finlandisation est dépassé. N’en déplaisent à Chevènement ou Mélenchon, Berlin sait concurrencer Paris pour figurer au hit-parade des marchands de canons et sous-marins. Merkel va relancer son budget de la défense et réintroduire le service militaire obligatoire. Reste une étape à franchir : négocier l’européanisation de la dissuasion française.
Combien de doigts sur la gâchette nucléaire ?

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MISTRAL gripDans toute transaction, tout est affaire de marketing. Il en va de même quand il s’agit de vendre de la quincaillerie militaire. Lorsque le vendeur se situe au 3ème rang mondial des marchands de canons, il est vite accusé de connivence fâcheuse avec n’importe quel dictateur un peu mégalo ou avec un fanatique de la religion des armes. Evidemment, ceci ne concerne pas, mais pas du tout, la livraison des avions de combat Rafale commandé par le maréchal Sissi au Caire. Notre sainte-Europe qui a promulgué dès 2008 une position commune en matière d’exportation d’équipements militaires, n’a pas trouvé matière à condamner le marché conclu ou ses retombées.
Dans le cas des deux navires porte-hélicoptères de classe Mistral, c’est différent : y a pas moyen de s’entendre sur les bienfaits de la transaction en cours. Voilà pourquoi deux BPC (acronymes pour Bâtiment de Projection et de Commandement) sont bloqués à Saint-Nazaire. Certes, ils en imposent : les dimensions avoisinent celle du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle. Que Moscou revendique ces Mistral pour redorer le blason de l’armée russe, c’est une chose, mais ce n’est pas la peine de les diaboliser. Les premiers à qualifier le Mistral de «navire de guerre » étaient les dirigeants birmans qui en 2008, lors du passage du cyclone Nargis, ont carrément refusé l’acheminement de 1000 tonnes métriques d’aide humanitaire. Navire de guerre ? En dehors de la couverture offerte par les hélicoptères, le Mistral dispose d’un arsenal de défense relativement limité : 2 canons de 30 mm, 4 lance-roquettes anti-sabotage et 2 systèmes des missiles antiaériens à très courte portée. Arrêtons donc de nous faire peur. Lorsque les négociations furent entamées avec nos partenaires russes, durant l’automne 2009, notre Mistral était présenté comme un simple ferry-boat dépourvu de véritable plus-value militaire pour son éventuel acquéreur… Certes, l’égo de la Marine interdit qu’on le compare à un pédalo, mais enfin, y a-t-il de quoi faire trembler les riverains de la Mer Noire ? En cas de livraison, un visa serait-il fourni aux Russes pour enflammer et ensanglanter les rives de la Mer Noire ? Pour dupliquer une manœuvre du style Forte Tempête que les Chinois avaient déclenchée en mars 2010 à l’encontre des Tibétains ? Restons zen : ce n’est pas le moment de se laisser perturber par ceux – nos alliés Européens le plus otanisés - qui brouillent toutes les cartes, y compris les cartes géographiques. Le Vladivostok une fois livré rejoindra la côte Pacifique. La Marine russe gesticulera dans la zone pour dissuader les Japonais de récupérer les îles Kouriles ; un enjeu qui devrait laisser les Baltes et les Polonais plutôt indifférents.

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ARCTIQUEPour le Grand Nord démilitarisé ?

La conférence sur le Grand Nord et la sécurité internationale s'est tenue à Kiruna en Suède fin juin 2013. Des ONG d'Europe, d'Asie, de Russie comme d'Amérique Latine ont lancé un appel pour que soit protégées ces régions vitales pour la Terre, tels l'Arctique et l'Antarctique. Ils ont réaffirmé l'importance de protéger ces zones comme patrimoine commun de l'humanité et de les démilitariser. Insistant sur la station satellitaire dans les îles Svalbard en Norvège, - une installation en violation avec le traité de Spitzberg - , les participants dénoncent le fait que cette zone nordique est de plus en plus accaparée pour des manœuvres de l'OTAN et dans lea perspective de la militarisation de l'espace extra-atmosphérique.

 

 

 

 DRAPEAU UEL'attribution du prix Nobel de la paix 2012 à l'Union Européenne rappelle à une Europe mal-aimée que la paix l'est encore davantage. S'il s'agissait de récompenser un combat victorieux pour la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l'homme, le Comité Nobel aurait pu faire mieux. 

 

L'honneur perdu d'Alfred Nobel

D'ailleurs, les pacifistes norvégiens ont de la peine à avaler la couleuvre. Parmi eux, le juriste Fredrik Heffermehl. Il vient de publier un ouvrage sur les vraies intentions de Nobel (*). Depuis que le président Obama s'est vu remettre cette distinction prestigieuse, Heffermehl ne décolère pas. "La majorité du Storting (parlement norvégien) a volé l'argent destiné aux pacifistes" s'insurge-t-il. L'avocat, qui est aussi membre du Bureau International de la Paix à Genève (**) a fait ses comptes : de 2003 à 2011, 13 prix sur les 14 n'étaient pas justifiés et ne correspondaient pas à la vision d'Alfred Nobel. L'avocat a donc décidé de porter plainte.

Lire la suite : Des Norvégiens contre le Prix Nobel pour l'UE

ALAIN JOXE newIl est temps de faire le point sur un problème sans solution facile mais qui mérite d'être bien posé. L'Europe sent monter la guerre, en Méditerranée, moyen-orientale, en Afrique sahelienne, en Mer Noire ukraino-russo- caucasienne. Dans la mesure où nous sommes au milieu du gué, en matière de crise financière, économique, politique et religieuse, ces quatre types de crises, qui nous bouchent l'horizon, étant inégalement mixées sur le terrain des guerres , ce contexte n'est pas loin de ressembler à une guerre mondiale rampante.
- On peut bien dire que le système des Nations unies ne fonctionne plus, pour arrêter le massacre de Gaza, la guerre de Libye du Mali et du Nigéria , le démocide syrien par la dictature d'Assad, la guerre offensive barbare de Daech, en Iraq et en Syrie. On peut dire aussi que le système de sécurité internationale de l'Union Européenne, surcodé par l'OTAN, est en échec en Ukraine.
2-On pouvait voir, dès 2011 (les guerres de l'empire global, Edition La Découverte, Paris, 2012 que la "guerre mondiale de la crise mondiale" ne pourrait pas ressembler à la 2° guerre mondiale de la crise de 29, Le "nouvel Hitler" ne serait pas visible, sous le masque des USA ou de Poutine. Aucun président ne déclencherait les hostilités en tant qu'industriel conquérant du monde. Les "guéguerres" en question communiquent entre elles, sur le terrain, par des voisinages géographiques, économiques, religieux ou linguistiques, ou plusieurs de ces désinences qui, se surajoutant, créent de la complexité chaotique. Mais, contrairement aux guerres de naguère, le conflit frontalier ne définit pas une guerre entre états, mais bien une série de guerres irrégulières mettant en cause l'ensemble de la définition frontalière de la souveraineté.
3- Cette décadence des Etats quant à leurs limites ne peut pas surprendre : cette mutation tient au fait que le pouvoir du système financier global, devenu hégémonique, est délocalisé. Les états privés de politique sociale autonome n'ont plus que des stratégies sécuritaires en défense d'intérêts entrepreneuriaux transfrontaliers instables.
La nouvelle classe financière dominante mondiale rejette toute "législation globale" mimée encore par l'ONU et par conséquent se veut dotés d'une liberté délinquante secrète propre aux maffias anciennes et modernes. Les guerres ne sont plus des guerres entre Etats.
4- Les Etats, sont tous venido a menos ou Failed States, à des degrés divers, et, sous l'influence des stratégies d'entreprises, laissent s'instaurer des doctrines locales qu'on devrait appeler "insécuritaires". Qu'ils le "veuillent" ou non , les Etats sont appelés à déclencher des répressions sans limites pour des dettes sans limites de populations sans limites. Cette dégradation n'est pas propre aux pays ex-coloniaux ; elle est visible aussi en Europe, où les marchés financiers opèrent, à travers des institutions propres à l'Union Européenne, pour éliminer, par la discipline de la Banque Centrale Européenne, toute action des Etats membres non conforme aux principes d'un néo-libéralisme offensif.
5 - Les classes dominantes, délocalisées et sans feu ni lieu, se conduisent naturellement de manière irresponsables, en croyant dur comme fer que la croissance et la concentration du profit est la garantie d'un développement harmonieux. Autrement dit cette "religion" néolibérale suscite des ripostes religieuses violentes et irresponsables : l'islamisme djihadiste criminel se dresse d'abord symboliquement dans l'espace délocalisé sans frontières du système financier avec Al-Qaida puis sur un carrefour frontalier trans-étatique avec Daech. Deux religiosités globales devenues folles.

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