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Géopolitique et développement durable

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Polémologie / Irénologie

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Le rêve d'Eva Joly et la polémique qui s'ensuivit devraient faire en sorte que les questions de défense soient au cœur des débats de la Présidentielle ; que les citoyens se déterminent en fonction de cet enjeu.

 

 

 

1. Refuser de jouer à cache-cache

Le Cachez cet armement que je ne saurais voir ! peut faire sourire et les âmes les plus prudes pourront s'en contenter. Mais décréter demain que le ministère de la défense devrait s'appeler le ministère de la paix est trompeur. À chaque Etat correspond un certain type de défense - L'Etat social et politique d'une nation est toujours en rapport avec la nature et la composition des armées. C'est en fonction d'elles (nature et la composition des armées) que l'Etat définit ses priorités dans la 'gestion' de la population civile ; et le recrutement de ceux qui sont chargés du maniement des armes se fait en fonction des options en matière de défense. Selon l'idée que l'on a du type de société à réaliser, on penche vers telle ou telle option en matière de défense. Qu'apporte la dissimulation ? Pour les salons de l'Armement, Eurosatory, Euronaval, même Le Bourget, des voix se font entendre pour les condamner. Pourtant, ces salons, faut-il les interdire ?

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ENTRE-NUCLEAIRE-et-BOUGIECoup de tonnerre dans le ciel européen : l'Allemagne en rajoute dans le principe de précaution et décroche du nucléaire. La France, elle, renonce de suivre le modèle allemand et ne disjoncte pas. Au contraire : elle va mettre toute son énergie à défendre sa vision nucléaire du monde. L'Allemagne, elle, se libère et pour une raison majeure : elle n'est pas plombée par la bombe.

Explications.

La France n'est pas dans la même situation que l'Allemagne ou le Danemark. Pour ceux qui n'auraient pas capté le contraste, le renoncement est une recette pour Andorre ou le Liechtenstein, des micro-Etats - qui ne comptent pas -, des nations comme l'Autriche ou la Suisse – qui seront un jour les Costa Rica du continent, mais pas la France.

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GALLOIS at HOMEGallois, ce témoin du siècle qui a instruit, formé, initié une génération entière à penser le nucléaire, mérite bien un hommage. Prendre la parole, il s'en est rarement privé, que ce soit sous l'uniforme, en tant que journaliste sous plusieurs pseudonymes dans divers organes de presse, via une maison d’édition basée à Lausanne…avec une trentaine d'ouvrages à son actif, sans oublier les textes qu'il rédigeait soigneusement avant de donner une conférence. 

Son franc-parler, s'il a pu déranger la Grande Muette, c'était une gymnastique, et peut-être l'un des indices d'un homme qui sortait du rang. Au crépuscule de sa vie, - il est né le 29 juin 1911 - il a eu le souci de tout mettre en perspective. Tout ? En tout cas, ses réflexions géopolitiques, ses analyses économiques ou démographiques. Pour ce qui est du bilan personnel, Gallois admettrait – avec un sourire – qu'il avait épousé la carrière militaire malgré lui. Tous ses lecteurs ne savent peut-être pas qu'il se préparait à une carrière artistique. Mais puisqu'il va rejoindre l'histoire des penseurs de la bombe française, il serait déplacé, inapproprié tout au moins d'omettre que Gallois avait rencontré les 'grands' de la stratégie grâce à des talents, des compétences qui relèvent davantage de l'esthétique que de la balistique ou de la géopolitique. Ce personnage atypique (...) fut plus porté vers l'amour de l'art que celui des avions de combat, ou que celui de la réaction en chaîne qui déclenche la fission nucléaire. Cet élément biographique peut paraître de prime abord une simple anomalie, un paradoxe dont l'Histoire est friande. Mais le monde du nucléaire a sa part d'irrationnel
Au sein de l'institution militaire, Gallois était avant tout considéré comme un intellectuel, ce qui dans ce milieu n'est pas un compliment, en tout cas pas un atout. Mais le disciple de Clausewitz et de Bouthoul, un compagnon d'armes intellectuelles tel que Poirier ou Beaufre fut bien plus que cela....

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KARACHI retroA la suite des évènements tragiques de 2002, - 11 ingénieurs français et 3 pakistanais - on nous a expliqué que le danger provenait de ces acteurs ‘non étatiques’ capables de tout et n’importe quoi, les terroristes. Et pourtant, les plus incontrôlables ne sont pas ceux qu’on croit. Pour vendre des sous-marins Agosta, il a fallu bricoler juridiquement et présenter en bonne et due forme une succursale privée capable d’offrir le meilleur de la technologie. Eh oui, la DCN (Direction des Constructions Navales) à Cherbourg n’a pas vocation à jouer les exportateurs. C’est pourquoi la DCN International a vu le jour. Une filiale de droit privé + DCN Log chargé du sort d’une cinquantaine de salariés des arsenaux de Cherbourg. Tant pis pour les priorités de la Nation, la ‘défense nationale’ étant désormais un concept ringard et les arsenaux considérés comme aussi peu rentables que l’éducation nationale ou les prisons d’état. Au nom du libéralisme, le privé a des atouts : la filiale privée est à la DCN ce que les sociétés militaires privées (SMP) sont aux forces armées.

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Nous nous étions habitués à croire que les essais nucléaires, c'est du passé. Un passé certes encombrant, mais du passé quand même. La preuve ? La plupart des Etats nucléaires respectent désormais le moratoire. Certains d'entre eux s'évertuent même à faire de la publicité en faveur d'un traité d'interdiction des essais, le fameux CTBT. Il a déjà été signé par une majorité d'Etats dans le monde et l'Amérique du président Obama pourrait (devait, ndlr) aussi le ratifier ...un jour. Il n'entrera pas en vigueur puisque l'Inde a déjà fait savoir qu'elle ne s'y conformera pas. Mais à l'intention du citoyen persuadé que les essais relèveraient du long fleuve tranquille de l'aventure nucléaire, il n'est pas inutile de rappeler le sort des victimes d'une guerre inavouée contre l'environnement. Il est temps aussi de responsabiliser les coupables face à des victimes qui n'ont pas/plus l'intention de passer pour des dommages collatéraux.
Tel un miroir, la question des essais renvoie aux béquilles sordides du nucléaire : colonialisme, non-transparence, non-respect du principe de précaution, manipulation avec le recours délibéré et non accidentel aux cobayes humains, gâchis financier et refus du principe pollueur-payeur. (sous prétexte que les dégâts sont inestimables). Tout ceci au nom des intérêts supérieurs de la Nation. Bien sûr.

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