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Géopolitique et développement durable

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Polémologie / Irénologie

republique-SNIFBricoler des missiles mer-sol balistiques ne viole aucun traité. S'entraîner dans les eaux internationales avec des fusées désarmées, donc sans leurs munitions nucléaires, n'est interdit à personne ou...presque. Le missile M51 qui a fait 'pschitt' le 5 mai n'est pas une exception française. La preuve ? Les Russes ont subi 6 échecs avec leur 'Boulava'. Seulement voilà : l'échec déshonore notre 'dissuasion' sanctuarisée par le tout nouveau Livre Blanc.

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2008 Mirage2000-BEAD-air-A-2008-009-ALa dissuasion nucléaire française est assurée par quatre SNLE, armés de 64 missiles M-51. Sa force de frappe est évaluée à une puissance équivalente à plus de 4.000 fois celle d'Hiroshima. Mais il faut croire que cette dissuasion dite minimale, de stricte suffisance (sic), ne suffit pas. La preuve ? Le dispositif de la dissuasion repose aussi sur une force de frappe aérienne. Pourquoi ? Pour des motifs qui échappent à un ennemi éventuel, ou/et à certains professionnels. D'ailleurs, la France a vécu d'autres mystères dans la répartition du pouvoir atomique : elle disposait d'une composante terrestre – les missiles SSBS du plateau d'Albion – et cette force fut paradoxalement confiée à l'armée de l'air. Pourquoi ? Pour éviter que les aviateurs ne souffrent d'un complexe d'infériorité par rapport aux marins.

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Le rêve d'Eva Joly et la polémique qui s'ensuivit devraient faire en sorte que les questions de défense soient au cœur des débats de la Présidentielle ; que les citoyens se déterminent en fonction de cet enjeu.

 

 

 

1. Refuser de jouer à cache-cache

Le Cachez cet armement que je ne saurais voir ! peut faire sourire et les âmes les plus prudes pourront s'en contenter. Mais décréter demain que le ministère de la défense devrait s'appeler le ministère de la paix est trompeur. À chaque Etat correspond un certain type de défense - L'Etat social et politique d'une nation est toujours en rapport avec la nature et la composition des armées. C'est en fonction d'elles (nature et la composition des armées) que l'Etat définit ses priorités dans la 'gestion' de la population civile ; et le recrutement de ceux qui sont chargés du maniement des armes se fait en fonction des options en matière de défense. Selon l'idée que l'on a du type de société à réaliser, on penche vers telle ou telle option en matière de défense. Qu'apporte la dissimulation ? Pour les salons de l'Armement, Eurosatory, Euronaval, même Le Bourget, des voix se font entendre pour les condamner. Pourtant, ces salons, faut-il les interdire ?

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ENTRE-NUCLEAIRE-et-BOUGIECoup de tonnerre dans le ciel européen : l'Allemagne en rajoute dans le principe de précaution et décroche du nucléaire. La France, elle, renonce de suivre le modèle allemand et ne disjoncte pas. Au contraire : elle va mettre toute son énergie à défendre sa vision nucléaire du monde. L'Allemagne, elle, se libère et pour une raison majeure : elle n'est pas plombée par la bombe.

Explications.

La France n'est pas dans la même situation que l'Allemagne ou le Danemark. Pour ceux qui n'auraient pas capté le contraste, le renoncement est une recette pour Andorre ou le Liechtenstein, des micro-Etats - qui ne comptent pas -, des nations comme l'Autriche ou la Suisse – qui seront un jour les Costa Rica du continent, mais pas la France.

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GALLOIS at HOMEGallois, ce témoin du siècle qui a instruit, formé, initié une génération entière à penser le nucléaire, mérite bien un hommage. Prendre la parole, il s'en est rarement privé, que ce soit sous l'uniforme, en tant que journaliste sous plusieurs pseudonymes dans divers organes de presse, via une maison d’édition basée à Lausanne…avec une trentaine d'ouvrages à son actif, sans oublier les textes qu'il rédigeait soigneusement avant de donner une conférence. 

Son franc-parler, s'il a pu déranger la Grande Muette, c'était une gymnastique, et peut-être l'un des indices d'un homme qui sortait du rang. Au crépuscule de sa vie, - il est né le 29 juin 1911 - il a eu le souci de tout mettre en perspective. Tout ? En tout cas, ses réflexions géopolitiques, ses analyses économiques ou démographiques. Pour ce qui est du bilan personnel, Gallois admettrait – avec un sourire – qu'il avait épousé la carrière militaire malgré lui. Tous ses lecteurs ne savent peut-être pas qu'il se préparait à une carrière artistique. Mais puisqu'il va rejoindre l'histoire des penseurs de la bombe française, il serait déplacé, inapproprié tout au moins d'omettre que Gallois avait rencontré les 'grands' de la stratégie grâce à des talents, des compétences qui relèvent davantage de l'esthétique que de la balistique ou de la géopolitique. Ce personnage atypique (...) fut plus porté vers l'amour de l'art que celui des avions de combat, ou que celui de la réaction en chaîne qui déclenche la fission nucléaire. Cet élément biographique peut paraître de prime abord une simple anomalie, un paradoxe dont l'Histoire est friande. Mais le monde du nucléaire a sa part d'irrationnel
Au sein de l'institution militaire, Gallois était avant tout considéré comme un intellectuel, ce qui dans ce milieu n'est pas un compliment, en tout cas pas un atout. Mais le disciple de Clausewitz et de Bouthoul, un compagnon d'armes intellectuelles tel que Poirier ou Beaufre fut bien plus que cela....

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