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Géopolitique et développement durable

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Comme nous l'expliquent régulièrement les apôtres de l'atome, des catastrophes comme celle de Fukushima ne devraient pas se produire. L'AIEA est là pour y veiller. En théorie.
L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), surnommée l'Interpol du nucléaire, a un rôle compliqué au sein du système des Nations Unies. Basée à Vienne, elle emploie plus de 2000 fonctionnaires de 92 nationalités. Dont 650 inspecteurs, qui vont effectuer des milliers de visites auprès de 900 installations, dans 91 pays. Leur mission n'est pas seulement de faire la police et traquer les trafiquants d'uranium, mais également de s'occuper des installations chargées de fournir de l'énergie et de veiller au respect des règles de conduite qui prévalent à la circulation des matières nucléaires. 80 % de son budget — qui est équivalent à celui de Météo France... — sert à veiller au bon fonctionnement des installations nucléaires des pays industrialisés.

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Hiroshima terrorParis a hébergé les 29 et 30 juin un 'mini-sommet' avec les représentants des 5 puissances nucléaires (militaires) qui sont membres du Conseil de Sécurité. Une occasion en or pour rouler dans la farine ceux qui ont la naïveté de croire que la sécurité n'a rien à voir avec le nucléaire...
Ca n'a échappé à personne : tout le monde veut se débarrasser du nucléaire. Du nucléaire militaire évidemment. Mais contrairement à ce qui se dit et se fait pour le nucléaire civil, tout le monde voudrait d'abord et avant tout se débarrasser du nucléaire des autres. Ce marchandage qui a pris naissance à l'ONU dans les années 60, à la suite de l'essai nucléaire chinois d'octobre 1964, est toujours d'actualité.

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Reste-encore-des-murs red

La conférence d'examen du TNP du 3 au 28 mai 2010 a pris fin. Une conférence onusienne de plus. Presque un non-événement. Le compromis qui a été arraché dans les derniers jours permet à chacun des participants de sauver la face, de pouvoir éventuellement se rassurer, de faire valoir ses talents de négociateur dans le cadre de la diplomatie atomique. Mais encore ?

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israelEn octobre 2003, à défaut d'offrir des garanties de sécurité à l'Iran, la troïka européenne a déclaré soutenir "la création d'une zone exempte d'armes de destruction massive au Moyen-Orient, (conformément aux objectifs des Nations unies) pour promouvoir la sécurité et la stabilité dans la région'.
S'il est prématuré de croire que l'initiative lancée par le président Moubarak dès 1990 -et relancée depuis - aura des suites grâce à l'affaire iranienne, on ne peut exclure qu'Israël négocie à sa façon des garanties de sécurité en échange d'une mutation pacifique. Cette mutation passe par une révision de l'opacité nucléaire.

 Se défaire d'un tabou

Le culte du secret qui renvoie à l'état d'exception correspond à un certain état d'esprit, mais l'ambigüité nucléaire, même dans le cas d'Israël, n'a plus les atouts que les adeptes de la dissuasion veulent bien lui attribuer. Les heures du nor deny nor confirm sont comptées. La fameuse formule sibylline Israël ne sera pas le premier Etat à introduire des armes nucléaires au Moyen-Orient, mais il ne sera pas le deuxième non plus, qui remonte à 1965 intriguait hier encore ; aujourd'hui, elle fait sourire.
Le monde entier sait que vous possédez l'arme atomique, vous le confirmez ? A cette question directe d'un journaliste d'Euronews en mai 1995, Shimon Pérès avait curieusement rétorqué : le monde entier, sauf Israël

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Il faudrait laisser l'atome aux nations sages,
comme ces deux grandes puissances que sont les Etats-Unis et l'U.R.S.S.,
qui nous ont déjà montré, au Vietnam, au Chili, à Saint-Domingue,
à Prague, à Budapest et ailleurs,
qu'elles savaient se passer de l'armement nucléaire
Bernard Chapuis

arsenaux-2013Jusqu'à nouvel ordre, nouvel ordre mondial compris, ce sont les armes nucléaires, avec les vecteurs appropriés, missiles ou sous-marins - et non les armes chimiques et biologiques - qui déterminent la hiérarchie des Etats sur l'échiquier international. C'est probablement pourquoi les accords internationaux d'armement nucléaire se font si rares et pourquoi les négociations sur la prolifération piétinent. Les armes nucléaires ne sont pas seulement les plus difficiles mettre hors d'état d'alerte, à démanteler, détruire, mettre hors d'état de nuire. Leur élimination n'est pas prévue au programme de la diplomatie atomique, et toutes les contorsions pour désarmer visent, paradoxalement, à leur garantir une survie.

L'interdiction des essais: un pacte avec le diable

Si l'on a arrêté les essais atmosphériques, ce n'est pas pour des raisons d'ordre écologique, mais parce qu'on s'est rendu compte que les essais n'étaient pas très efficaces d'un point de vue militaire. En effet, une explosion à 100 ou 400 km d'altitude, - même avec une bombe ne dépassant pas la mégatonne - provoquerait la destruction de pratiquement la totalité des satellites, y compris militaires, paralyserait plus de la moitié des systèmes électriques et électroniques pendant plusieurs jours sur la moitié de la planète, et perturberait une grande partie du trafic aéronautique civil, pour ne pas parler du 'crash' de certains avions, dont les calculateurs seraient incapables de supporter une telle impulsion.
Connu sous son sigle anglo-saxon, le CTBT est censé couvrir tous les essais, qu'ils soient atmosphériques ou souterrains. Ce Traité a fait l'objet de décennies de discussions et tractations et les négociateurs ont dû concilier l'inconciliable : satisfaire à la fois les intérêts des hommes politiques, les exigences des pro-nucléaires qui privilégient les atouts de leurs laboratoires, les condamnations des opinions publiques, les conseils de la communauté scientifique. Si le CTBT n'est toujours pas entré en vigueur, ce n'est pas seulement à cause du blocage du Sénat américain ou du groupe de pression des laboratoires comme Los Alamos. Il ne pourra l'être qu'à la condition expresse que 44 Etats - dont l'Inde qui s'y refuse - s'accordent pour le ratifier. En ce sens, le CTBT risque, lui aussi, de rejoindre le catalogue des pactes de bonne intention.

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