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Géopolitique et développement durable

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irradies150Les Français sauront mettre à profit ces contradictions en aménageant discrètement leurs propres sites d'expérimentation. Pierre Mendès France, comme il le raconte dans ses Mémoires, a réalisé un parcours d'équilibriste : tout en étant "naturellement hostile" à ce type d'armement, "dont les inconvénients de toutes sortes n'étaient que trop évidentes", il n'a pas pu se permettre de déplaire à ceux qui voyaient dans l'atome une forme de reconnaissance. Devant l'ONU, à New York, Mendès France s'est trouvé confronté à un dilemme. Il confiera plus tard : lorsque je suis allé en Amérique en novembre 1954, je désirais proposer à l'Assemblée Générale des Nations Unies l'interdiction des explosions atomiques expérimentales (..) J'ai renoncé à déposer sur le bureau des Nations Unies le projet préparé. Je l'ai regretté plus tard, puisque l'interdiction a finalement été décidée sans que la France y ait eu le moindre mérite (et sans même qu'elle s'y associe et la respecte)".
Lorsque les deux "Grands" se sont mis d'accord en 1958 pour respecter un moratoire sur leurs essais atmosphériques, la France s'est évidemment insurgée.

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zoe soda atomChargé d'introduire dans la revue 'Politique Etrangère', le dossier sur les stratégies de l'avenir, Dominique David intitulait sa contribution :' l'ampleur du doute'. Les concepts qui expriment la puissance militaire sont de toute évidence en question. La mise en cause la plus nette, même si elle est relativement silencieuse, est sans doute celle qui touche l'arme nucléaire' précisait-il.
Période charnière. Période d'opportunités donc. Période exigeante dès lors pour élaborer les outils adéquats afin d'affronter l'avenir sans le subir. Réfléchir à l'avenir de l'arme nucléaire française, à son rôle, c'est s'interroger sur l'environnement international, ses devenirs possibles, sur l'évolution du débat politique et stratégique en France et à l'échelle internationale.
C'est aussi, pour un parti politique, faire l'effort pour définir des idées, des propositions aptes à influer sur les choix gouvernementaux et nationaux. Une chose au moins est assurée : c'est l'impossibilité de maintenir le statu quo. Une sorte d'angoisse semble saisir la réflexion stratégique touchant au nucléaire. Comme si l'effondrement des justifications traditionnelles de la dissuasion laissait une sorte de vide, en l'absence d'une alternative de sécurité pour l'après-guerre froide, acceptable pour les opinions.
Sans doute l'angoisse est-elle d'autant plus prégnante que l'armement nucléaire en France a fait l'objet d'un tabou. Je dis cela sans ironie : le tabou peut avoir sa légitimité. Il peut s'expliquer en l'occurrence par le fait qu'il touchait à trois dimensions considérées comme essentielles à la vie de la Nation : sa sécurité, sa souveraineté et l'affirmation de la puissance. Dès lors, le débat touche autant au symbole qu'à la stratégie elle-même. Le gel apparent du débat pendant une longue durée s'explique aussi par le caractère statique de la notion même de 'dissuasion', inapte à rendre compte des accumulations quantitatives comme des évolutions, des performances technologiques. Je dis 'gel apparent' car, de fait, l'arme nucléaire n'a cessé de faire l'objet de tensions, de polémiques depuis son apparition.

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A force de manier le paradoxe, ou de faire usage de la langue de bois, les diplomates ont de la peine à convaincre le visiteur averti. 'Nul ne peut désormais prétendre que la France tourne le dos au désarmement' martèle l'ambassadeur Gérard Errera. Dans la partie de bras-de-fer qui se joue entre les États nucléaires et les autres, le représentant de la France aux négociations sur l'interdiction des essais nucléaires et sur le renouvellement du traité de non-prolifération (TNP) éprouve une certaine satisfaction à n'avoir pas cédé à la pression américaine dans un domaine aussi sensible.

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