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Géopolitique et développement durable

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VESTIGE CHARTandis que les indicateurs du bio français sont passés au vert, les indicateurs du dérèglement géopolitique sont au rouge. Et alors ? Quel rapport ? En quoi le traitement de notre terre nourricière (1) peut-il intéresser la polémologie ? 
A l’heure où le monde va mal, la quête d’une alimentation de qualité dépasse notre souci (légitime) de sauvegarder notre ‘petite santé’. Dans une vision plus large, cette quête rejoint celle de résister au n’importe-quoi que propose une société branchée sur le quantitatif, refuser de se conduire en prédateur, penser à ce que nous pouvons apprendre de la nature plutôt qu’à lui prendre (Janine Benyus), sauvegarder ce qui doit l'être en sacralisant le durable, avec sobriété, miser sur l'altérité, bref, poser un regard pacifié/pacifiste sur le monde.
moissonneuse batteuse visoflora 82289Si les partisans de l’agro-écologie, de la bio ou de la permaculture omettent de recourir à l’argument pacifiste pour valoriser leur cause, nul ne peut ignorer que l’agro-industrie et la malbouffe - leurs contraires ! - incarnent la maltraitance et violence des corps, le mépris des sols et de l’autre, l’indifférence à l’égard de la planète. Etre branché sur l'agroécologie, c’est tenter d’entretenir un rapport au monde qui soit plus harmonieux, moins belliqueux, moins destructeur pour soi et pour les autres.

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PAN CHARLES DE GAULLEL’armée française est engagée depuis maintenant une douzaine d’années dans un nombre grandissant d’opérations extérieures (Opex) - semble-t-il payantes en termes de sondages - mais dont la cohérence stratégique devient de moins en moins claire. Que coûteront-elles au final ?
Dans l’opération otanienne en Afghanistan, décidée dans l’émoi du 11 septembre 2001  3 600 soldats français ont été déployés en permanence jusqu’en 2014. A ce jour, l’engagement depuis 2001 a coûté près de 3 milliards d’euros pour les seules dépenses militaires et, à l’échéance de 2014, le surcoût total lié à l’opération devrait avoisiner les 3,5 milliards, notent Philippe Meunier (UMP) et Philippe Nauche (PS).
Mais ces chiffres n’identifient que le surcoût, soit les dépenses supplémentaires occasionnées par un engagement extérieur (augmentation des soldes, frais de transport, nouveaux équipements, munitions consommées, etc.) et les frais de retrait.
Selon Gérard Longuet, ancien ministre de la Défense, la guerre en Libye, qui a duré environ deux cent quarante jours, avec un coût journalier estimé à un peu plus de 1 million d’euros par jour, a donc coûté 300 millions d’euros. Comprenant le prix des munitions utilisées, qui représentent plus d’une centaine de millions d’euros car leur consommation a été très forte du fait de l’absence de troupes au sol dans ce conflit. La France effectuait encore près de 150 sorties aériennes par semaine. Enfin, il y a les primes versées aux soldats engagés.

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gardarem lo larzacOn croyait l’affaire du Larzac reléguée aux livres d’histoire. Ben non, les militants vont reprendre du service car l’introduction de légionnaires sur zone est de nouveau à l’ordre du jour. Mais que diable vont faire ces képis blancs pour manœuvrer là où tout militaire fut éconduit il y a 40 ans ?
La 13e demi brigade de la Légion étrangère - prononcez D-B-L-E. n’a pas de chances. Après avoir rayonné pendant près de 50 ans sous d’autres latitudes, elle a reçu l’ordre de stationner dans le bourg de garnison dénommé La Cavalerie au Larzac, dès cet été. Au nom d’une relocalisation des forces, 250 à 400 légionnaires sont sur le point de débarquer dès cet été et ce chiffre va atteindre 1 300 (militaires et personnels) d'ici 2018.
Mais d’où viennent ces nouveaux arrivants ? De la base d’Abou Dhabi. L’emplacement est certainement plus exotique que les Causses, mais le simple fait que nos chefs acceptent de se désengager du Golfe Persique mérite quelques applaudissements. Nous étions là-bas parce que, du temps du ‘bling bling’ stratégique de Sarkozy, nous voulions asseoir une présence francophone dans une zone trop phagocytée par l’oncle Sam. Et, par la même occasion, compenser l’affront que représente la mainmise progressive des Ricains, des Japonais et bientôt des Chinois sur le Camp Lemonnier à Djibouti (ex-confettis de l’Empire). Si ce rapatriement était le prélude à d’autres restructurations, le Larzac devrait se préparer à abriter demain les troupes en provenance du Sénégal, de Côte d'Ivoire, du Tchad, du Gabon, ou de Nouvelle-Calédonie (grâce à un nouvel accord de défense avec l’Australie), bref de toutes les bases qui nous confèrent un certain rôle sur le plan international. Mais ce genre de repli sur l’Hexagone n’est pas au programme.

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sipriLa France est un des pays qui consacrent le plus de ressources aux dépenses militaires. Selon les données du SIPRI (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm), elle figurait en 2014 à la cinquième place mondiale derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l’Arabie saoudite.
La place de l’industrie d’armement dans l’économie française est importante. Elle compte pour plus de 6 % des emplois de l’industrie manufacturière qui constitue le cœur de l’industrie. Son rôle est plus important dans certaines régions et bassins d’emplois : plus de 20 % des emplois industriels en région PACA plus de 10 % en Ile-de-France. En 2013, sur les 50 plus grands sites industriels existants en France, 15 appartenaient à des groupes engagés dans la production militaire et actifs dans les secteurs aéronautique, naval, terrestre ou nucléaire. Seule l’industrie automobile fait mieux avec 17 usines classées.

La résistance opposée par l’industrie d’armement au délitement du tissu industriel localisé en France est donc frappante.

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missiles dans le corpsUne réflexion s’impose sur les mythes relatifs à l’arme nucléaire. L’ouvrage ‘Armes Nucléaires – 5 mythes à déconstruire ’ de Ward Wilson (préfacé par Michel Rocard et traduit par Danièle Fayer-Stern) que le GRIP vient de publier à Bruxelles arrive à point. Je ne voudrais quant à moi en relever qu’un seul : ‘La bombe, le garant de la paix ’. Je pourrais évidemment en citer d’autres : le mythe relatif au coût infime que cette arme allait représenter par rapport à sa ‘force de frappe ’, sa puissance destructrice. Celui de tremplin pour disposer d’un siège (ou strapontin) au Conseil de Sécurité. Celui d’atout majeur pour être indépendant des blocs et coalitions militaires, alors même que la France et le Royaume-Uni s’accommodent fort bien d’être à la fois puissances nucléaires et membres de l’OTAN ! Et que nul ne s’offusque à Paris ou à Londres que ce soient les Etats-Unis d’Amérique qui disposent du plus grand arsenal nucléaire sur le continent européen ! Mais je voudrais m’arrêter sur le pire d’entre eux : le mythe selon lequel l’atome ‘nous aurait évité la guerre depuis 1945 ’. Ce mythe - que des historiens plus compétents que moi pourraient aisément réfuter - est le plus ravageur pour la simple raison qu’il a rendu possible, ici, chez nous, deux erreurs d’appréciation. Il a non seulement tronqué notre histoire depuis 45, mais il fournit par la même occasion les clefs de l’impasse d’un certaine pacifisme. De notre refoulé. 

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