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Géopolitique et développement durable

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 VILLE de BUREAu-delà des échafaudages institutionnels pour distiller, à faibles doses bien sûr, l'idée de sites internationaux de stockage, la question de savoir si Bure sera un terre d'asile pour déchets radioactifs européens est bientôt à l'ordre du jour. 

Ouvrir un laboratoire souterrain à la collaboration internationale est un moyen pour le pays hôte de gagner en notoriété. Certes, mais cela ne suffit pas. Le ou les laboratoires peuvent servir de modèles pour - cocorico oblige – montrer que la France, qui est déjà en pointe pour le stockage des TFA– est aussi dans le peloton de tête pour les sites d'enfouissement. A défaut d'exporter des centrales nucléaires à travers le monde, Bure pourrait permettre d'exporter notre savoir-faire vers les pays qui sont infectés de déchets et qui cherchent, tous, un moyen de les enfouir, du moins de s'en débarrasser d'une manière ou d'une autre. Que le Laboratoire de Bure se décline au singulier ou au pluriel, il suffira bientôt de lui donner une valeur ajoutée comme quoi il ne sera pas uniquement national. La France se verrait bien embarquée dans un nouveau marketing en faveur des sites de stockage made in France. Un service après-vente ? Concernant les centres de stockage de déchets nucléaires souterrains, la place de numéro un reste à prendre et la partie est loin d'être gagnée.

Les vrais pionniers de la recherche sur terre

Si l'on exclut les TFA, la France n'est pas à l'avant-garde dans un secteur-clef : le stockage, le vrai, en formations géologiques profondes. Pourquoi ? Tandis que les concurrents potentiels prennent une certaine avance, dans la recherche, dans la formation, l'information ; deux Etats européens, focalisés sur la bombe :- le Royaume-Uni et la France – misent sur le retraitement. Au-delà de cette spécialité qui consiste à recycler des matières non recyclables - l'une des grandes mystifications de l'aventure nucléaire – , Paris participe à cette frénésie pour l'import-export des années 70 et 80 en oubliant que La Hague n'est qu'un lieu de transit, un hébergement provisoire qui ne résout en rien l'accumulation des déchets.

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sipriLa lecture des rapports du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), créé par A. Myrdal fut un passage obligé durant la guerre froide. Les données du SIPRI sont-elles fiables ? Les tableaux, aussi denses que les annuaires de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), permettent de repérer les investissements des uns et des autres sur ce marché florissant, un marché dont les promoteurs affichent parfois un label vert comme lors des Salons du Bourget, de Farnborough, Eurosatory, Euronaval et ailleurs. Des Salons vilipendés régulièrement par ceux qui réclament à la fois (et avec une vraie fausse logique) l’interdiction de ces expositions et une totale transparence de la part de la Grande Muette.

L'annuaire du SIPRI, c'est aujourd’hui le pendant de Regards sur la Terre, cette collection dirigée conjointement par l’AFD, l’IDDRI et l’institut indien TERI, (présidé par Patchauri, l’ex-patron du GIEC. La sortie annuelle (au mois de juin) de ce rapport rythme la vie des chercheurs de tous les think tanks stratégiques dans le monde. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur chaque système d’armes et par catégorie figure dans cet annuaire prestigieux, mais n’exagérons rien. Comme le font remarquer Jean-François Guilhaudis et Julien Malizard, il y a matière à ne pas s’en contenter, voire à s'en méfier. Car prendre en compte les dépenses de défense exige qu'on s'entende sur ce que la défense recouvre. Ces dépenses devraient inclure toutes les dépenses de sécurité, celles qui touchent à la police, à l’anti-terrorisme, à la sécurisation des points sensibles à la cybersécurité, et aussi à ce qui relève désormais de 'la protection-militarisation des frontières'. Et au-delà. 

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EUROPE tortueAvec Donald Trump, le réveil des chers ‘alliés’ de l’Amérique est brutal. En Allemagne aussi, on s’interroge sur la validité d’un parapluie OTAN qui n’est plus une assurance-vie, d’autant plus que Trump considère que l’institution OTAN est ‘obsolète’. De quoi brouiller les cartes géopolitiques.
Selon les proches de Merkel, dont les propos sont relayés par ‘Der Spiegel’ ce mois-ci, le moment est venu de revisiter l’Europe. Première étape ? Convaincre les voisins et partenaires de l’Allemagne que le sauvetage de l’UE ne passe plus par l’union monétaire. Arrêtons de faire marcher les essuie-glaces à la même vitesse, selon les directives de la Commission de Bruxelles, arrêtons de faire marcher la planche à billets selon les directives de la Banque Centrale européenne et essayons plutôt de propulser des missiles à la même cadence. Voici la recette préconisée pour remettre l’UE sur les rails : en empruntant le filon militaire, on reprend le flambeau d’une Communauté Européenne de Défense (CED).
Séduisant, non ? L’Allemagne est de retour et le timing est parfait car le pays n’est plus un nain militaire et les clichés sur un peuple de pacifistes bêlants qui rêvent de finlandisation est dépassé. N’en déplaisent à Chevènement ou Mélenchon, Berlin sait concurrencer Paris pour figurer au hit-parade des marchands de canons et sous-marins. Merkel va relancer son budget de la défense et réintroduire le service militaire obligatoire. Reste une étape à franchir : négocier l’européanisation de la dissuasion française.
Combien de doigts sur la gâchette nucléaire ?

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MISTRAL gripDans toute transaction, tout est affaire de marketing. Il en va de même quand il s’agit de vendre de la quincaillerie militaire. Lorsque le vendeur se situe au 3ème rang mondial des marchands de canons, il est vite accusé de connivence fâcheuse avec n’importe quel dictateur un peu mégalo ou avec un fanatique de la religion des armes. Evidemment, ceci ne concerne pas, mais pas du tout, la livraison des avions de combat Rafale commandé par le maréchal Sissi au Caire. Notre sainte-Europe qui a promulgué dès 2008 une position commune en matière d’exportation d’équipements militaires, n’a pas trouvé matière à condamner le marché conclu ou ses retombées.
Dans le cas des deux navires porte-hélicoptères de classe Mistral, c’est différent : y a pas moyen de s’entendre sur les bienfaits de la transaction en cours. Voilà pourquoi deux BPC (acronymes pour Bâtiment de Projection et de Commandement) sont bloqués à Saint-Nazaire. Certes, ils en imposent : les dimensions avoisinent celle du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle. Que Moscou revendique ces Mistral pour redorer le blason de l’armée russe, c’est une chose, mais ce n’est pas la peine de les diaboliser. Les premiers à qualifier le Mistral de «navire de guerre » étaient les dirigeants birmans qui en 2008, lors du passage du cyclone Nargis, ont carrément refusé l’acheminement de 1000 tonnes métriques d’aide humanitaire. Navire de guerre ? En dehors de la couverture offerte par les hélicoptères, le Mistral dispose d’un arsenal de défense relativement limité : 2 canons de 30 mm, 4 lance-roquettes anti-sabotage et 2 systèmes des missiles antiaériens à très courte portée. Arrêtons donc de nous faire peur. Lorsque les négociations furent entamées avec nos partenaires russes, durant l’automne 2009, notre Mistral était présenté comme un simple ferry-boat dépourvu de véritable plus-value militaire pour son éventuel acquéreur… Certes, l’égo de la Marine interdit qu’on le compare à un pédalo, mais enfin, y a-t-il de quoi faire trembler les riverains de la Mer Noire ? En cas de livraison, un visa serait-il fourni aux Russes pour enflammer et ensanglanter les rives de la Mer Noire ? Pour dupliquer une manœuvre du style Forte Tempête que les Chinois avaient déclenchée en mars 2010 à l’encontre des Tibétains ? Restons zen : ce n’est pas le moment de se laisser perturber par ceux – nos alliés Européens le plus otanisés - qui brouillent toutes les cartes, y compris les cartes géographiques. Le Vladivostok une fois livré rejoindra la côte Pacifique. La Marine russe gesticulera dans la zone pour dissuader les Japonais de récupérer les îles Kouriles ; un enjeu qui devrait laisser les Baltes et les Polonais plutôt indifférents.

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ARCTIQUEPour le Grand Nord démilitarisé ?

La conférence sur le Grand Nord et la sécurité internationale s'est tenue à Kiruna en Suède fin juin 2013. Des ONG d'Europe, d'Asie, de Russie comme d'Amérique Latine ont lancé un appel pour que soit protégées ces régions vitales pour la Terre, tels l'Arctique et l'Antarctique. Ils ont réaffirmé l'importance de protéger ces zones comme patrimoine commun de l'humanité et de les démilitariser. Insistant sur la station satellitaire dans les îles Svalbard en Norvège, - une installation en violation avec le traité de Spitzberg - , les participants dénoncent le fait que cette zone nordique est de plus en plus accaparée pour des manœuvres de l'OTAN et dans lea perspective de la militarisation de l'espace extra-atmosphérique.