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Géopoli­tique et développe­ment durable

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Polé­molo­gie /​Irénolo­gie

EUROPE tortueAvec Don­ald Trump, le réveil des chers ‘alliés’ de l’Amérique est bru­tal. En Alle­magne aussi, on s’interroge sur la valid­ité d’un para­pluie OTAN qui n’est plus une assurance-​vie, d’autant plus que Trump con­sid­ère que l’institution OTAN est ‘obsolète’. De quoi brouiller les cartes géopoli­tiques.
Selon les proches de Merkel, dont les pro­pos sont relayés par ‘Der Spiegel’ ce mois-​ci, le moment est venu de revis­iter l’Europe. Pre­mière étape ? Con­va­in­cre les voisins et parte­naires de l’Allemagne que le sauve­tage de l’UE ne passe plus par l’union moné­taire. Arrê­tons de faire marcher les essuie-​glaces à la même vitesse, selon les direc­tives de la Com­mis­sion de Brux­elles, arrê­tons de faire marcher la planche à bil­lets selon les direc­tives de la Banque Cen­trale européenne et essayons plutôt de propulser des mis­siles à la même cadence. Voici la recette pré­con­isée pour remet­tre l’UE sur les rails : en emprun­tant le filon mil­i­taire, on reprend le flam­beau d’une Com­mu­nauté Européenne de Défense (CED).
Séduisant, non ? L’Allemagne est de retour et le tim­ing est par­fait car le pays n’est plus un nain mil­i­taire et les clichés sur un peu­ple de paci­fistes bêlants qui rêvent de fin­lan­di­s­a­tion est dépassé. N’en déplaisent à Chevène­ment ou Mélen­chon, Berlin sait con­cur­rencer Paris pour fig­urer au hit-​parade des marchands de canons et sous-​marins. Merkel va relancer son bud­get de la défense et réin­tro­duire le ser­vice mil­i­taire oblig­a­toire. Reste une étape à franchir : négocier l’européanisation de la dis­sua­sion française.
Com­bien de doigts sur la gâchette nucléaire ?

Lire la suite : L’Allemagne, prête à flirter avec la bombe française

Missiles PlantuGrâce à Téhéran et grâce à tous les acteurs qui se penchent sur son sort, on peut dire que la bombe irani­enne à venir est – déjà — une arme d’instruction mas­sive. A nous d’en tirer quelques enseigne­ments.
Dans les négo­ci­a­tions en cours, brouiller les pistes est une vieille recette. Que Messieurs Kerry ou Obama pinail­lent sur les arrange­ments en cours, c’est tout de même grâce à la générosité de Wash­ing­ton que l’Iran acquiert dès 1967 un réac­teur de recherche de 5 MW pour le col­lège tech­nique d’Amir Abad aux alen­tours de Téhéran.
Ceux qui hurlent aux loups ne sont pas les plus crédi­bles. Quand Paris, par la voix de son min­istre Lau­rent Fabius, fait savoir sur les ondes de France Inter que le nucléaire mil­i­taire au Moyen-​Orient «serait un dan­ger con­sid­érable», il ne men­tionne pas le cas d’Israël, alors même que l’arsenal nucléaire israélien et son mono­pole est vécu comme le fac­teur le plus désta­bil­isant dans la zone.
Met­tre des bâtons dans les roues des amoureux de la bombe n’est pas nou­veau. Quand les Bar­bus de Téhéran déci­dent de s’approvisionner en ura­nium auprès du Kaza­khstan, les Améri­cains lan­cent l’opéra­tion ‘Saphir’ en 1994 : des avions de trans­port C-​5 vont aller récupérer de l’uranium enrichi (un pactole suff­isant pour pro­duire une cinquan­taine de bombes), l’emmener à Oak Ridge dans le Ten­nessee, quitte à dédom­mager les Kaza­khs par la suite pour les pertes occasionnées.

Lire la suite : La bombe irani­enne, Arme d’Instruction Massive

ISRAEL NUKES IRAN

Je dois com­mencer par une con­fes­sion choquante : Je n’ai pas peur de la bombe nucléaire irani­enne. Je sais que cela fait de moi une per­sonne anor­male, presque un mon­stre. Mais que puis-​je faire ? Je suis inca­pable d’avoir peur, comme un vrai Israélien. J’essaie comme je le peux, la bombe irani­enne ne m’angoisse pas. Mon père m’a une fois enseigné com­ment résis­ter au chan­tage : Imag­ine que la ter­ri­ble men­ace d’un maître-​chanteur s’est déjà réal­isée. Alors tu pour­ras lui dire : Allez au dia­ble ! J’ai sou­vent suivi ce con­seil et il était fondé. Aussi main­tenant je l’applique à la bombe irani­enne : J’imagine que le pire est déjà arrivé : les hor­ri­bles aya­tol­lahs ont déjà obtenu les bombes qui peu­vent éradi­quer le petit Israël en une minute. Et alors ?

Selon des experts étrangers, Israël a plusieurs cen­taines de bombes nucléaires (les éval­u­a­tions vari­ent entre 80400). Si l’Iran envoie ses bombes et efface la plus grande par­tie d’Israël (moi-​même inclus), des sous-​marins israéliens effaceront l’Iran. Quoi que je puisse penser de Ben­jamin Netanya­hou, je compte sur lui et nos chefs de sécu­rité pour garder notre capac­ité de riposte intacte. Nous avons été infor­més que l’Allemagne avait livré un nou­veau sous-​marin de pointe à notre marine à cette fin. Des Israéliens imbé­ciles – et il y en a un cer­tain nom­bre – répon­dent : ‘Oui, mais les dirigeants iraniens ne sont pas des gens nor­maux. Ils sont fous. Des fana­tiques religieux. Ils ris­queront la destruc­tion totale de l’Iran juste pour détru­ire l’État sion­iste. Comme on échange les reines dans le jeu d’échecs’. De telles con­damna­tions sont le résul­tat de décen­nies de dia­boli­sa­tion. Les Iraniens – ou au moins leurs dirigeants – sont vus comme des mécréants inhu­mains. La réal­ité nous mon­tre que les dirigeants d’Iran sont des hommes poli­tiques très mesurés, très prévoy­ants. Style pru­dents marchands dans le bazar iranien. Ils ne pren­nent pas de risques inutiles. La fer­veur révo­lu­tion­naire des pre­miers jours de Khomeiny est passée depuis longtemps, et même Khomeiny n’aurait pas imag­iné faire quelque chose qui soit si proche du sui­cide national.

Lire la suite : Uri Avn­ery - la bombe irani­enne, qui en a peur ?

n-korea-lower-tech-threatOui, dis­ons le car­ré­ment : il faut remercier le «cama­rade» nord-​coréen Kim Jong-​Un, hissé au hit-​parade de la provo­ca­tion inter­na­tionale. Grâce à ce maître chanteur hors pair me revient le slo­gan qu’on pou­vait lire sur les auto­col­lants en Alle­magne dans les années 80 : Eine einzige Atom­bombe kann dir dem ganzen Tag verder­ben… Ou, si vous préférez : Une seule bombe nucléaire peut car­ré­ment te gâcher la journée.

Une erreur de timing

Le pre­mier secré­taire du parti des Tra­vailleurs n’a pas eu de chance. Alors qu’il s’évertue à améliorer l’image de mar­que de son pays – le «brand­ing» comme dis­ent les Anglo-​saxons – voilà qu’il se plante dans le cal­en­drier de ses célébra­tions. Plutôt que de faire péter sa bombi­nette le 16, (février), his­toire de ren­dre hom­mage à feu son père en sa date d’anniversaire, Kim a préféré le 12, le jour même où le Pape Benoît décida de ren­dre son tablier. Et voilà que la mod­estie bien­veil­lante du chef de l’église a failli éclipser le coup de gueule atom­ique du chef auto­proclamé de l’Axe du Mal.

Lire la suite : Le leader nord-​coréen, un bien­fai­teur mal­gré lui

missile-briséParis a hébergé les 29 et 30 juin un «mini-​sommet» avec les représen­tants des 5 puis­sances nucléaires (mil­i­taires) qui sont mem­bres du Con­seil de Sécu­rité. Une occa­sion en or pour rouler dans la farine ceux qui ont la naïveté de croire que la sécu­rité n’a rien à voir avec le nucléaire…
Ca n’a échappé à per­sonne : tout le monde veut se débar­rasser du nucléaire. Du nucléaire mil­i­taire évidem­ment. Mais con­traire­ment à ce qui se dit et se fait pour le nucléaire civil, tout le monde voudrait d’abord et avant tout se débar­rasser du nucléaire des autres. Ce marchandage qui a pris nais­sance à l’ONU dans les années 60, à la suite de l’essai nucléaire chi­nois d’octobre 1964, est tou­jours d’actualité.

Lire la suite : Le casse-​tête anti-​nucléaire pour la France