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Géopolitique et développement durable

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Acteurs indignés

 

ELYSEE 2017Un programme présidentiel qui ferait l’impasse sur les enjeux internationaux serait aussi dénué de sens qu’une maison sans fenêtres, qu’un cavalier sans monture.
S'il est normal et, bien sûr, nécessaire que les candidats à la présidence de la République formulent leur programme en matière économique et sociale, âge de la retraite, nombre de fonctionnaires, durée du travail, fiscalité, minima sociaux, il est assez surprenant qu'ils n’aient rien à dire ou presque sur ce qui est pourtant de la compétence exclusive et essentielle du Président en vertu de l'article 15 de la Constitution : ‘Le président de la République est le chef des armées’ .

Le futur chef des armées, devrait intégrer le fait que les questions de guerre et de paix ne peuvent se restreindre aux rapports de la France avec la Russie de Poutine, ou les rapports avec Berlin...le partenariat stratégique avec l'Australie, la politique à l'égard de l'Arctique avec un Groenland indépendant ....Pour ne pas se planter d’époque et pour ratisser au-delà de sa chapelle, le candidat 2017 serait bien avisé de suivre les conseils qui suivent : 

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changer mondeFace au dérèglement géopolitique auquel l’électeur lambda peut assister, certaines questions s'imposent dans la mesure où le temps est venu d'axer la campagne présidentielle (2017) sur les enjeux internationaux et les enjeux de guerre et de paix. 
1 – L'OTAN veut rejouer la guerre froide  - Derrière cette question - Va-t-on se coltiner ici, en Europe, les conséquences d’une nouvelle guerre froide ? – s’en profilent beaucoup d’autres, notamment au sujet d’Alzheimer, c’est-à-dire les leçons qui ont malencontreusement échappé à certains suite à l'effondrement du Mur de Berlin il y a un quart de siècle. Cherchons l’erreur !
Humilier la Russie (ex-URSS-CEI) sous prétexte qu’elle avait officiellement 'perdu' la guerre froide, n’était pas la meilleure stratégie à adopter pour assurer l’avenir des relations pan-européennes, la relance d’une institution comme OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) en hibernation prolongée, la mutation du partenariat transatlantique symbolisé par des parapluies nucléaires aussi fiables que Trump, bref, troués et perméables. 
Dans ce décor, avec en arrière-fond un cloisonnement ‘comme au bon vieux temps du Mur de Berlin', il est sain et digne du principe de précaution de désigner les coupables, ceux ont préféré réarmer, se blinder, élargir les prétentions de l'Organisation du Traité l’Atlantique Nord (OTAN) afin que celle-ci se charge de tout sauf de …l’Atlantique Nord ! Parmi leurs complices,

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Image victimeA menace globale il faut une riposte globale, déclare un responsable tunisien après les attentats de Tunis venant après ceux de Paris, de Copenhague, de Tunis... Certes, mais encore faut-il ne pas se tromper de menace si l’on ne veut pas que la riposte soit inadaptée ou pire contre-productive. Car si à l’évidence, nous sommes en présence d’un conflit mondial qui peut toucher n’importe quel pays à n’importe quel moment, qui concerne tout autant l’échelle planétaire que l’échelle locale de nos cités, il y a deux approches radicalement différentes de l’analyse et de la stratégie à mettre en œuvre.
La première est celle de la guerre de civilisation théorisée il y a quelques années par le penseur conservateur américain Samuel Huntington. C’est celle qui a conduit le gouvernement Bush à réagir par la guerre, le mensonge, la torture, et la restriction massive des droits à travers le Patriot Act.
Cette logique, si elle s’imposait aujourd’hui en Europe, nous mènerait droit vers des régressions comparables ou même pires et pourrait devenir source de guerre civile, ce qui signerait d’ailleurs la victoire de la logique terroriste dont c’est l’objectif à terme.
rose and bullets exlarge 169L’autre voie c’est au contraire celle qu’avait indiquée le Premier Ministre norvégien après l’attentat meurtrier d’un fanatique d’extrême droite dans l’ile d’Utoya en juillet 2011 : "J’ai un message pour celui qui nous a attaqués et pour ceux qui sont derrière tout ça : vous ne détruirez pas la démocratie et notre travail pour rendre le monde meilleur (...) Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, d’ouverture et de tolérance." Cette seconde voie est celle de la logique de vie, du dialogue de civilisation, du refus de confondre violence et conflit. C’est celle de la Liberté face aux régressions sécuritaires, de l’égalité face à l’explosion des inégalités et bien sûr de la fraternité, cette grande oubliée de la République, face aux fanatismes et aux racismes de toute nature.
Tel est l’enjeu de ce conflit mondial qui n’est pas pour autant une guerre mondiale car son objet est précisément, dans un travail sur la paix, de substituer la logique du conflit entre adversaires à celle de la violence entre ennemis.

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APPRENTIS SORCIERSOn s’accordera pour dire qu’une société qui ‘tient la route’ doit éviter de détruire de l’intérieur (chez nous) ce que ses supporters (pas forcément les plus représentatifs) s’efforcent de défendre vis-à-vis de l’extérieur. Un vieux dilemme d’une brûlante actualité : la guerre ….à quel prix ? Et qui paie l’ardoise ? Et comment ?
La défense peut être considérée comme un bien public dont la responsabilité relève à la fois des forces armées et de la société civile. Cette société civile, qu’on voudrait museler en flirtant dangereusement avec la logique du Patriot Act, pourrait investir son énergie (tout à fait renouvelable) pour mieux gérer le climat socio-politique d’un peuple qui a été ébranlé un certain vendredi 13 novembre.

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missiles dans le corpsUne réflexion s’impose sur les mythes relatifs à l’arme nucléaire. L’ouvrage ‘Armes Nucléaires – 5 mythes à déconstruire ’ de Ward Wilson (préfacé par Michel Rocard et traduit par Danièle Fayer-Stern) que le GRIP vient de publier à Bruxelles arrive à point. Je ne voudrais quant à moi en relever qu’un seul : ‘La bombe, le garant de la paix ’. Je pourrais évidemment en citer d’autres : le mythe relatif au coût infime que cette arme allait représenter par rapport à sa ‘force de frappe ’, sa puissance destructrice. Celui de tremplin pour disposer d’un siège (ou strapontin) au Conseil de Sécurité. Celui d’atout majeur pour être indépendant des blocs et coalitions militaires, alors même que la France et le Royaume-Uni s’accommodent fort bien d’être à la fois puissances nucléaires et membres de l’OTAN ! Et que nul ne s’offusque à Paris ou à Londres que ce soient les Etats-Unis d’Amérique qui disposent du plus grand arsenal nucléaire sur le continent européen ! Mais je voudrais m’arrêter sur le pire d’entre eux : le mythe selon lequel l’atome ‘nous aurait évité la guerre depuis 1945 ’. Ce mythe - que des historiens plus compétents que moi pourraient aisément réfuter - est le plus ravageur pour la simple raison qu’il a rendu possible, ici, chez nous, deux erreurs d’appréciation. Il a non seulement tronqué notre histoire depuis 45, mais il fournit par la même occasion les clefs de l’impasse d’un certaine pacifisme. De notre refoulé. 

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