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Géopolitique et développement durable

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kepi-generalNous, militaires de carrière qui avons consacré nos vies à la sécurité de nos pays et de nos peuples, nous sommes convaincus que le maintien des armes nucléaires dans les arsenaux des puissances nucléaires, et que la crainte permanente que d'autres puissent acquérir ces armes, menacent la paix générale et la sécurité dans le monde, dont celle des populations que nous nous sommes voués à protéger, et menacent même leur survie.
Nos responsabilités diverses, nos expériences des armes et des guerres des forces armées de nombreuses nations, nous ont donné une connaissance intime et sans doute unique de la sécurité et de l'insécurité actuelle de nos pays et de nos peuples.
Nous savons que les armes nucléaires, bien qu'elles n'aient pas été utilisées depuis Hiroshima et Nagasaki, représentent un danger évident et permanent pour l'existence même de l'humanité.
Durant la guerre froide, elles ont fait courir un risque énorme d'holocauste. Au moins une fois, la civilisation a été sur le point de connaître une tragique catastrophe. La menace a actuellement reculé, mais elle ne sera pas éliminée tant que les armes nucléaires continueront à exister.
La fin de la guerre froide a créé les conditions favorables pour le désarmement nucléaire. La fin de la confrontation militaire entre l'Union soviétique et les États-Unis a permis de réduire le nombre des armes nucléaires stratégiques et tactiques, [et] d'éliminer les missiles de moyenne portée.
Un jalon vers le désarmement nucléaire a été franchi lorsque la Biélorussie, le Kazakhstan et l'Ukraine ont renoncé à leurs armes nucléaires. La prolongation indéfinie du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en 1995 et l'approbation d'un Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (CTBT) par l'Assemblée générale des Nations-Unies en 1996 représentent également des étapes importantes vers un monde sans arme nucléaire. Nous rendons hommage au travail qui a permis ces résultats.
Malheureusement, en dépit de ces progrès, un authentique désarmement nucléaire n'est pas réalisé. Les traités ne prévoient que la destruction des missiles porteurs et non des têtes nucléaires -- ce qui permet aux États-Unis et à la Russie de garder les têtes en réserve, créant ainsi un potentiel nucléaire réversible. Et pourtant, dans l'ambiance de sécurité de l'après guerre froide, les menaces nucléaires le plus souvent évoquées ne sont plus justifiables de dissuasion, ou ne sont même plus crédibles. C'est pourquoi nous pensons que le chemin actuellement suivi dans le monde en matière nucléaire n'est pas acceptable.

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 CREPUSCULE-des-atomes. Bien que Louis Puiseux s'en défende, ('les pages qui suivent ne sont pas un manuel d'initiation au nucléaire et à ses risques'), l'auteur du Crépuscule des atomes nous apprend tout ce que nous voulons savoir sur le nucléaire – et que nous n'avons jamais osé demander. (...) depuis que nos profs de physique nous ont fait apprendre par cœur le tableau de Mendeleev.

Evidemment, l'ex-économiste sait de quoi il parle et, concernant l'accident de Tchernobyl, Puiseux se réfère à une quantité d'articles faisant référence au péril nucléaire que nous avons côtoyés depuis que les centrales existent. Puiseux mentionne l'accident de Kychtym, (Oural du Sud) en février 1958, accident non mentionné dans la liste présentée par l'Institut Français de Relations Internationales dans son numéro spécial intitulé 'Le défi de l'atome'.

A ceux qui préfèrent dormir

A tous ceux qui voudraient dormir tranquilles ou méditer sereinement sur les bienfaits des sociétés électro-nucléaires, ce livre n'est pas à recommander. Si, aux Etats-Unis, plus de 100 réacteurs commandés sont annulés entre 1975 et 1985, et si aucun réacteur nouveau n'a été commandé depuis 1978, la France reste fièrement le pays le plus nucléarisé du monde. En cas de pépin, quelles mesures sont prévues ? Aux Etats-Unis, il est prévu d'évacuer la population autour des centrales dans un rayon de 16 km ; en Suisse, les autorités prévoient 30 km (ce que les Soviétiques ont fait autour de Tchernobyl). En Suède, le rayon va jusqu'à 40 km et même 80 km. En France, il vaut mieux éviter de poser la question...mais on sait que plus de 1.300.000 habitants vivent dans un rayon de 50 km autour de la centrale de Cattenom. Ceux qui espèrent sauver leur peau grâce à la protection civile doivent eux aussi déchanter car 'en cas de contamination du milieu ambiant, il ne suffit pas de se cacher, (...), il faudrait aussi s'abstenir de respirer, de boire et de manger le temps qu'il faut, c'est-à-dire deux ou trois mois pour l'iode, 3 ou 4 siècles pour le césium, 2 millions d'années pour le plutonium (...).

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FREDERIC JULIOT CURIEEn dépit des premières réalisations pacifiques dont nous sommes en droit d'attendre, si elles se développent, d'immenses bienfaits, nous ne pouvons effacer les terribles souvenirs des dévastations des bombes atomiques à Hiroshima, à Nagasaki, ni ceux des explosions expérimentales des bombes à hydrogène des milliers de fois plus puissantes. Chacun de nous ne devrait avoir de répit tant que ces armes n'auront pas été interdites. C'est un vent de folie qui pousse les puissances à poursuivre la course aux armements atomiques.
Les scientifiques ne sont pas des ‘irréalistes’, des naïfs, ignorant des sérieuses difficultés à trouver des solutions à la dangereuse tension internationale actuelle. S'il faut arriver à un accord éliminant les armes atomiques — et c'est le sort de l'humanité tout entière qui est en jeu — il faut dès maintenant faire cesser les explosions expérimentales de ces armes de destruction en masse.
Des avertissements graves ont été maintes fois répétés par des scientifiques qualifiés. J'ai cru de mon devoir de scientifique d'alerter l'opinion publique à de nombreuses occasions depuis les premières explosions.
Les dangers résultant de la pollution de l'atmosphère et du sol par les produits radioactifs formés lors des explosions sont aujourd'hui mieux connus.

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