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Géopolitique et développement durable

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En bal­ayant les idées reçues sur la guerre et sur la paix, en œuvrant en tant que détecteur de pol­lu­tions men­tales en tout genre, il s’agit ici de

  • souligner les passerelles entre sécurité, environnement et désarme­ment. Même s’il y a beaucoup de vérités qui dérangent.
    En rappelant la valeur des travaux de Ruth Sivard à Washington dans les années 70, et en s’inspirant d’une proposition faite par Pascal Boniface lors d’un colloque à New York en février 2003,
  • soutenir la création d’un observatoire calculant le ratio au sein des Etats européens entre les dépenses militaires et l’aide publique au développement y compris la contribution de chacun au Fond Vert pour le Climat.
  • Attirer l’attention sur les principaux facteurs d’insécurité dans le monde dont l’inégale répartition des ressources, la marginalisation de la majorité du monde et la militarisation galopante de la planète. Intégrer la sécurité environnementale, énergétique, alimentaire parmi les piliers de la sécu­rité ;
  • Penser l’armement nucléaire à la lumière du dérèglement climatique, et les transformations du complexe militaro-sécuritaire qui dépasse le complexe militaro-industriel,
  • Poursuivre une réflexion commune avec le Transnational Institute (TNI) qui depuis COP21 à Paris travaille en réseau avec ceux et celles qui abordent les questions climatiques sous l’angle de la sécurité
  • Revoir ou peaufiner l'Indice de contribution à la paix dans le monde, l’ICPM mis au point dès 2005 par le Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (GRIP), ou le Global Peace Index
  • Pour une taxe inspirée de la Taxe Tobin. En reprenant l’idée lancée par le G8 à Evian-les-Bains, en juin 2003, promouvoir la création d’une taxe Tobin spécifique. Non pas sur les flux financiers, mais sur les transactions militaires, sur l’ensemble des dépenses militaires plutôt que sur les seules dépenses d’équipement. Ou sur la production de certains systèmes d’armes et le nombre de têtes nucléaires.
  • Trouver le meilleur moyen de soutenir les victimes des activités militaires en temps de paix et listant les guerres oubliées et inavouées.
  • Dans la mesure où le désarmement nécessite des moyens, et que le désarmement durable est à l’ordre du jour, préparer les conditions d’une mise sur pied d'un fond pour assainir et dépolluer les bases militaires, et sécuriser les installations nucléaires et chimiques dans le cadre du démantèlement des sous-marins (SNLE). ;
  • Ten­ter de met­tre hors d’état de nuire les insti­ga­teurs et bricoleurs de destruction(s) durable(s). Pour y parvenir, soutenir le lancement d’un fonds européen pour la protection des lanceurs d’alerte à l’instar d’une initiative américaine


En résumé : se mobiliser pour créer un fonds, un fonds capable de soutenir les lanceurs d’alerte, faire valoir l’importance d’une communauté de scientifiques qui a toutes les raisons du monde d’ébruiter des secrets trop bien gardés (pour de mauvaises raisons), de prolonger le travail d’alerte qui est symbolisé entre autres par les artisans de l’Horloge de l’Apocalypse ; pour que la vigilance de tout un chacun soit honorée, pour s’assurer que ceux ‘qui sifflent’ (whistleblower) ne soient pas pénalisés. Pour éviter que les informateurs du monde ne soient criminalisés. Il s’agit de reprendre ou poursuivre l’idée de Robert Jungk qui proposa, dans son discours inaugural à la conférence internationale pour un avenir non nucléaire de mai 1977, la création d’un fonds d’aide aux chercheurs dissidents, susceptible de leur apporter une aide morale et matérielle. (…). Ceci rejoint l'idée d'"inspection par le peuple" ou "détection par la connaissance" qui fut introduite vers la fin des années 50 par Louis Bohn et Greenville Sohn. Ils proposèrent alors que l'Assemblée Générale de l’ONU adopte des règlements concernant l'octroi de récompenses aux personnes fournissant de telles informations au service d'Inspection, et la garantie du droit d'asile pour elles et leurs familles.
Aussi longtemps que les lions n’auront pas leurs his­to­riens, les réc­its de chasse tourneront tou­jours à la gloire du chas­seur’, comme le dit un proverbe africain…

Ben Cramer